Il n'est pas toujours bon de reprendre une franchise après une longue interruption. Au cinéma cela donne le calamiteux Indiana Jones et le royaume du crane de cristal, l'indigent Die Hard 4, ou la seconde trilogie Star Wars. En littérature cela donne le 7e épisode des Chroniques de San-Francisco, Michael Tolliver est vivant.
Passée la joie de savoir que l'un des personnages de la série que l'on avait laissé séropositif est toujours en vie, et le plaisir de retourner dans les rues de Frisco en sa compagnie, il faut se rendre à l'évidence que si Michael est vivant, l'esprit des chroniques est mort. Tout d'abord, le récit à la première personne change radicalement le style de ce nouvel épisode, autant les autres étaient des livres "choraux", autant celui-ci ne suit que Michael Tolliver, devenu vieux et bedonnant, marié, et paysagiste. Même s'il nous fait le résumé des 15 ans entre ce 7éme épisode et Bye Bye Barbary Lane, le dernier épisode de la série "originale", il a du mal à nous intéresser aux destins de personnages aux quels nous nous étions pourtant attaché. Pire, son histoire personnelle ne nous accroche jamais, que ce soit son histoire amoureuse, ou les secrets familiaux qui éclatent à la veille de la mort de sa mère. La réunion de tous les survivants de la "grande époque" de Barbary Lane au chevet de Anna Madrigal tombe à plat, passe à côté de l'émotion, et apparais purement artificiel.
L'originalité, le portrait d'une ville à part aux USA, l'audace de certaines scènes et de certains propos qui faisaient des 6 premiers épisodes une oeuvre attachante, voire culte dans certains cercles, s'est perdue dans ce dernier épisode. Maupin peine à nous faire partager la nouvelle Frisco, son ambiance, et à nous peindre une autre époque, forcément différente des années 80, mais qui en vient pourtant.
Michael Tolliver est vivant, c'est une bonne nouvelle, mais malheureusement les Chroniques de San-Francisco sont mortes.
mercredi 29 avril 2009
Retour perdant à San-Francisco
dimanche 15 février 2009
L'Amérique, l'Amérique...
Barack Obama est entré dans le bureau ovale de la Maison Blanche depuis moins d'un mois, redonnant espoir en des États-Unis qui avaient perdu tout crédit grâce au Président Bush. Avec un certain à propos deux ouvrages de Jean-Paul Dubois viennent de ressortir en poche, L'Amérique m'inquiète et jusque-là tout allait bien en Amérique, recueil de chroniques, récit de voyage, radiographie des États-Unis sur plus d'une décennie. Regard amusé, horrifié, scandalisé, sur ce pays qui fascine autant qu'il dégoûte.
Des prisonniers en attente de l'injection létale au tremblement de terre de Los angeles de 1997, du procès de O.J. Simpsons à l'émasculation de John Wayne Bobitt, des fous de Dieu au sexooliques anonymes dans le premier volume Jean-Paul Dubois trace le portrait d'une Amérique excentrique ou tout semble plus grand que nature, où les comportements sont exacerbés, une Amérique qui serait comique si elle n'était pas si puissante, si pesante, si influente sur le reste du monde.
Le second volume s'étale de 1996 à 2004, et s'ouvre dans le New York post 11 septembre, et donne une vision encore plus déprimante de la première puissance mondiale. Car, si la série de chroniques qui suit cette ouverture New-Yorkaise recèle son lot de farfelus et de cocasseries, ( un vendeur de parcelles sur la Lune, parc d'attraction qui fait de vous une célébrité pour un soir, la réincarnation de Napoléon attendant les extraterrestres, organisateur d'enlèvement) cette partie légère laisse vite la place à l'Amérique de la sécurité à outrance, des shérif fou, du système de santé qui laisse les malades mentaux entre les mains sur système pénitentiaire, de l'extrême pauvreté, du surarmement, de la peur. Cette Amérique qui avant de porter Barack Obama à la présidence l'avait fait deux fois pour Georges W. Bush. Jean-Paul Dubois nous présente la montée de l'intégrisme religieux, des valeurs les plus rances de ce pays. Cela était amusant dans le premier volume, mais après l'introduction sur les cendres du World Trade Center, chaque excentricité de cette Amérique porte les germes de ce que seront les huit années du gouvernement Bush.
Malgré tout l'espoir mis en Barack Obama, on peut se demander, après un tel portrait de ce grand pays, s'il sera capable de le changer en profondeur, et faire oublier ce shérif si fier e maltraiter les pensionnaires de son pénitencier, ou cet homme si fier d'avoir économisé 5000$ pour les offrir au premier membre de son association ayant "légalement" tué un malfaiteur.
lundi 14 avril 2008
Charmants menteurs
Il y a quelques années, ne me demandez pas exactement quand, je n'ai pas la mémoire des dates, et j'ai la flemme de me lever pour aller fouiller dans la bibliothèque, il y a donc quelques années j'avais sur ma table de chevet un livre de Jean-Claude Carrière. J'y puisais régulièrement. Son titre Le Cercle des Menteurs. Son contenu : des histoires, des contes, des paraboles, des fables du monde entier. Pour un type qui n'aime rien tant que les histoires, en lire, s'en faire raconter ou en raconter, ce livre était un enchantement. Je l'ai lu dans tous les sens, plusieurs fois, puis, parce que c'est la vie, j'ai fini par le ranger.
Jean-Claude Carrière a du sentir que j'avais besoin de plus d'histoires, et a donc rassemblé dans un nouvel opus d'autres Contes philosophiques du monde entier, soit Le Cercle des Menteurs 2. Presque 400 pages pleines de sagesse, de drôlerie, d'émotion. Des centaines d'histoires plus ou moins longues, venues d'un peu partout, provoquant réflexion, introspection, sourire, et surtout plaisir de la lecture, comme seuls peuvent le provoquer les fables et les contes, par leur simplicité, leur vérité, leur poésie, leur enchantement.
À n'en pas douter ce second cercle, comme son prédécesseur, restera sur ma table de chevet, et j'irais y piocher des histoires le soir avant de m'endormir, des fables le matin ne me réveillant, des contes à tout moment de la journée.
mercredi 20 février 2008
Vous aimez les séries...
... moi aussi.
Comme nous sommes plusieurs dans cette situation de quasi dépendance aux fictions télé, certains petits malins ont eu l'idée d'écrire des bouquins sur le sujet.
Martin Winckler et Marjolaine Boutet reviennent en deuxième année avec L'année des Séries 2008, panorama assez complet de ce que la télévision nous a proposé de meilleur, et parfois de pire au cours de l'année écoulée, que ce soient les séries US, françaises, britanniques ou autre.
Dans un autre style, mais tout aussi intéressant, Séries TV, pourquoi on est tous fans, aux Editions Edysseus. Analyses parfois très poussées, aperçu historique, reflexion sur le genre, ce livre est comme le précédent écrit par des amateurs, des passionés, des vrais passeurs. Et je ne dis pas ça juste parce que je connais très bien l'auteur du premier chapitre...
mercredi 9 janvier 2008
(re)lectures
Se plonger dans un livre que l'on a déjà lu, c'est un peu comme retourner dans une maison de vacances, un endroit que l'on connaît et dans lequel on se sent bien. On s'y installe confortablement, on est en terrain familier, mais, par moment, on peut être surpris par le coucher de soleil que l'on observe assis sous la véranda, par le crépitement des bûches dans la cheminée, par les vents qui viennent secouer les volets pendant la nuit, par le moelleux du matelas, tout ces petits détails que l'on avait oubliés au fil des mois...
Dans un livre que l'on a lu, même si on connaît l'intrigue, l'histoire, le déroulement, au hasard d'une page, on peut de nouveau être surpris par une phrase que l'on avait oubliée, un chapitre qui parait nouveau, des passages que la mémoire avait omis d'enregistrer.
Depuis quelques semaines je me suis replongé dans deux livres de Martin Winckler, Les Trois Médecins et La Maladie de Sachs. Si ce n'était que la seconde fois que je lisais le premier, c'était la cinquième ou sixième fois que je retournais dans le second. Il porte d'ailleurs les stigmates de ces nombreuses lectures, traces de doigts sur les pages, couverture salie, tranche cassée... Pourtant, alors que je devrais le connaître par coeur, il m'arrive encore d'être étonné de ne pas me souvenir de certains chapitres, de certains passages. C'est aussi pour cette raison, en plus du plaisir que j'ai à chaque fois de le lire, que j'y retourne presqu'une fois par an, parce qu’à chaque fois, au milieu de ces pages familières, il m'arrive de me retrouver dans la position d'un lecteur qui viendrait juste d'ouvrir ce livre pour se plonger pour la première fois dans cette histoire.
mercredi 27 juin 2007
Des mots pour le dire
J'ai découvert tout récemment, par le plus grand des hasards, lors d'une visite, lors d'une flânerie dans une librairie, une collection de petits livres qui tourne autour des mots pour mieux les cerner. Cette série de livres à un joli titre, qui a lui tout seul mérite que l'on les ouvre: "Le Goût des mots".
Qu'ils se penchent sur l'origines des expressions(L'habit de fait pas le moine de Gilles Henry), s'amuse des synonimes (Un bouquin n'est pas un livre de Rémi Bertrand), s'amuse des mots, de leur sonorite et incongruité (Les mots qui me font rire de Jean-Loup Chiflet), remonte la généalogie des mots (Motamorphoses de Daniel Brandy) ou plonge avec délices dans les anciennes éditions du Larousse pour en extraire des perles (Que Faire des crétins de Pierre Enckell) ces livres sont un vrai bonheur pour qui aime les mots. Ils s'ouvrent au hasard, on y picore un passage comme on piocherais dans un bocal d'olives, un paquets de cacahuètes, et il est difficile de les reposer. Comme il est difficile de s'arrêter de se gaver d'olives, ou de cacahuètes.
lundi 19 février 2007
MW
J’aime beaucoup Martin Winckler. Comme ça c’est clair, et ceux qui ne le supportent pas peuvent passer leur chemin parce que je ne vais dire que du bien de lui.
J’ai découvert MW comme beaucoup de monde en lisant La Maladie de Sachs. Ce livre est devenu l’un de mes préférés, et je le relis régulièrement (tout comme je regarde régulièrement l’adaptation cinématographique avec Albert Dupontel). Comme souvent, quand j’apprécie un auteur je cherche à lire ses autres livres. C’est alors que je me suis aperçu que non seulement il était romancier, médecin, mais qu’en plus comme moi il aimait les séries télé. L’un de ses premiers ouvrages était d’ailleurs consacré à Mission: Impossible.
Depuis La maladie de Sachs j’ai lu tous les livres de MW (à l’exception des ouvrages médicaux), et ça demande du boulot, parce que le bougre écrit beaucoup, des romans bien sûr, mais aussi des documents sur des sujets divers (les séries télés, les super héros, Zorro...) des recueils de chroniques (celles de France Inter (qu’a l’époque j’écoutais chaque matin en me réveillant, et que par jeu je parodiais sur le forum du Sub Espace, parodies qu’il a eues a gentillesse de publier sur son site perso) ou celles d’Arte radio) et des nouvelles.
Dernièrement, après une année 2006 bien calme, il est revenu en librairie avec trois livres, un consacré aux droits des patients (Les droits du Patient, Ed Fleurus) un autre sur ses plaisirs culinaires (À ma bouche, Coll. Exquis d’Écrivains, Ed. Nil) et un troisième sur les séries (Le Meilleur des Séries 2007, Ed Hors Collection). Trois raisons de passer du temps à lire.
jeudi 4 janvier 2007
Bilan #3: What's Next
3° partie de mon bilan personnel de 2006, qui commence avec Mon livre de 2006: Martin Winckler n'ayant pas sorti de roman au cours de l'année écoulée, il n'aura pas l'honneur de recevoir cette auguste distinction (j'aurais pu biaiser et l'attribuer à Les Trois Médecins qui est sorti en poche à l'automne). Elle revient donc à Jasper Fforde pour la trilogie Thursday Next comprenant L'affaire Jane Eyre, Délivrez moi, et Le Puits des Histoires Perdues. Ces histoires se déroulant en parie à l'intérieur de livres, et pour l'autre partie dans un monde alternatif, où l'Angleterre livre encore une guerre aux Russes en Crimée, des agents gouvernementaux sont chargés de combattre les vampires, loups-garous et autres forces du mal, où les dodos et les mammouths clonés sont soit animaux de compagnies, soit attractions touristiques, et où une compagnies multinationale contrôle les gouvernements, sont un pur bonheur. Mêlant enquête policière et fantastiques, personnages attachants, voyages dans le temps, et exploration des classiques de la littérature de l'intérieur, ces ouvrages sont les plus imaginatifs, les plus créatifs, les plus surprenants que j'ai eu l'occasion de lire depuis longtemps. Après avoir reposé le dernier volume de ses aventures, il ne me tardait qu'une chose, que la suite arrive en librairie.
Passons à Mon homme fictif de 2006: Josiah Edward Bartlett. Pour ceux qui n'ont jamais vu The West Wing, il s'agit du seul président US valable de ces dernières années. Pur fantasme, Bartlett est un président idéal, cultivé, intègre, humain, prix Nobel d'économie, fin lettré, il a gouverné pendant deux mandat avec sagesse, clairvoyance, et une équipe d'exception. Bartlett est aussi déprimant, car il n'est qu'un président de fiction, et que le véritable occupant de la Maison Blanche n'a rien à voir avec lui. Jed Bartlett à quitté le pouvoir au printemps dernier, à la fin de la 7° et ultime saison de la série, et même si lors des dernières saison il a été moins présent, et moins flamboyant que lors des premières années de son mandat, c'est avec regret que je l'ai vu s'envoler pour son dernier voyage à bord 'Air Force One.
à suivre...
mardi 2 janvier 2007
Bilan #1: Don't Panic
La fin de l'année, et le début d'une nouvelle, en gros lors d'une période charnière, il est de coutume de faire des bilans, des rétrospectives et autres classements. Donc sans plus de propos liminaires voici mon bilan de l'année 2006.
Commençons par Mon film de 2006. Comme j'en ai déjà parlé je ne m'étendrais pas sur ce qui restera pour moi le meilleur film de l'année écoulée Le Labyrinthe de Pan, mais je ne saurais trop vous le conseiller, courez le voir s'il est encore à l'affiche près de chez vous.Passons à Mon film en DVD de 2006: H2G2, le guide du voyageur intergalactique. Pendant des années, des légions de fans de l'oeuvre de Douglas Adam attendaient avec impatience, mais aussi beaucoup d'appréhension, l'adaptation de la trilogie en 5 volumes du Guide Galactique. Cette oeuvre véritablement multimédia, puisqu’initiée à la radio, elle s'est exportée dans le monde entier grâce au livre, fut une série télé populaire en Angleterre, une pièce de théâtre et un jeu vidéo. Il ne lui manquait plus qu'une adaptation sur grand écran. Longtemps repoussée, cette transposition cinématographique est sortie en 2005, quatre ans après la mort de Douglas Adam. Si le créateur d'Arthur Dent ne vit jamais le film, son empreinte est bien présente, et l'esprit du Guide n'est pas dénaturé le moins du monde. Sorti en 2006 le DVD est passé déjà plusieurs fois dans mon lecteur et dans celui d'ami.
Pour finir cette première partie de mon bilan de 2006 Mon homme de l'année 2006: Jonathan Littell. Avant toute chose, je n'ai pas lu Les bienveillantes, mais un type capable de vendre son livre à plusieurs milliers d'exemplaires, sans apparaitre une seule fois à la télé, à rafler le prix de l'Académie Francaise, et le prix Goncourt, et de continuer à refuser de montrer sa tronche dans les médias, à une époque où l'on n'existe que si on passe à la télé, où le ou la prochain(e) Président(e) de la République devra son élection à son image médiatique, sa façon de communiquer, et pas du tout au contenu politique de son programme, cet homme-là mérite plus que tout autre d'être mon homme de l'année. Maintenant il va falloir que je lise son bouquin pour voir s’il vaut tous ces éloges.
à suivre...