Dans le paysage audiovisuel français où le politiquement correct est de plus en plus la règle, où les discours se font de plus en plus policé, où l’art de la critique se perd dans les méandres de la promotion, il existe encore de rares émission qui grattent, dérangent, osent l’ouvrir bien grand et nous foutre une bonne paire de claques salutaires.
Non je ne parle pas encore de 7 jours au Groland, mais de Opération Frisson, l’émission de Cinécinema Frisson. Menée par l’excellent Yannick Dahan, dont l’accent toulousain assumé tranche déjà avec le reste des présentateurs aux sonorités aseptisés, cette émission s’attaque de front au cinéma de genre (sans pour autant se limiter au polar, fantastique, SF, horreur, mais en couvrant également la comédie, le film historique, et d’autres genres) que ce soit en salle ou en DVD.
Dahan qui revendique une geek attitude (et une passion incompréhensible pour Steven Seagal) a également une vraie culture cinématographique, un regard acéré, et une bonne plume. Tout cela lui permet de nous livrer des critiques argumentées, qui jugent les films à l’aune de leurs qualités artistiques, et non le discours promo habituel. Nous n’avons pas à faire à un Michel Drucker qui n’a pas vu un seul mauvais film en 50 ans, mais un journaliste sincère, qui assume ses gouts, et ses dégouts, qui peut démonter un film et aussi s’enthousiasmer pour un autre. Ses coups de gueule sont retentissants, ce qui n’en rend ses coups de coeur que plus fort.
Sans partager tous ses points de vue (notamment sur Seagal), je sais que quand il recommande un film ou un DVD, c’est parce qu’il l’aime, et pas parce que l’attaché de presse lui a dit que c’était le plus grand film depuis l’invention du cinéma.
Opération Frisson c’est 20 minutes hebdomadaire de pur plaisir, tant par le fond que par la forme, souvent grand portnawak visuel, un délire verbal, assumant les bafouillages de Dahan et les intégrant au montage.
La bonne nouvelle supplémentaire, il n’est plus indispensable d’être abonné à Cinécinéma, l’émission étant disponible chaque semaine en intégralité en ligne et à podcaster.
mercredi 31 janvier 2007
Opé F.
jeudi 25 janvier 2007
Mort d'un honnête homme
Il est des hommes qui vous réconcilient avec la politique. Des hommes qui ont du coeur, du courage, des idées, et qui ne placent pas leurs ambitions personnelles au dessus de tout le reste.
Alors que la France agitée par une campagne présidentielle où la forme à plus d'importance que le fond, où les deux candidats principaux (ou du moins les deux favoris des médias) n'ont, pour l'instant, ni l'un ni l'autre annoncé de vrais programmes, et draguent les électeurs à coup de petites phrases, d'effets d'annonce et de manches, et d'apparition médiatique calibrée destinée à les faire passer pour ce qu'ils ne sont pas, à savoir, deux personnes dévorées par l'ambition prête à tous pour arriver à leur fin, sans savoir ce qu'ils feront du pouvoir qu'ils espèrent se voir confier, donc en ces heures peu réjouissantes pour la politique, un homme politique intègre vient de mourir.
Jean-François Deniau était l'antithèse de ces deux candidats, homme de lettres et d'honneur, humaniste, amoureux de la mer, écrivain talentueux, il a fait de la politique pour défendre des idées (que je ne partageais pas toujours), et oserais-je le dire, défendre une vision, dont celle de l'Europe (il participera à l'élaboration du Traité de Rome). Plusieurs fois ministre, diplomate, ouvert sur le monde, il n'a jamais fait "carrière", ne s'est jamais compromis pour satisfaire une ambition personnelle, démissionnant de l'UDF quand certains de ses "camarades" de parti furent en 1995 élus président de région avec les voix du FN. À ces sombres manoeuvres politiciennes, il préféra retourner sur la mer, et dans l'écriture.
Jean-François Deniau est mort à 78 ans d'un cancer des poumons. Cela ne fera pas la une des journaux, comme pour l'abbé Pierre, pourtant comme lui il était un homme de coeur, de courage et d'idées. Un honnête homme.
mardi 23 janvier 2007
In Mémorian
Adieu Curé je t'aimais bien tu sais
On n'était pas du même bord
On n'était pas du même chemin
Mais on cherchait le même port
jeudi 18 janvier 2007
Philippe Caubère est Grand...
Depuis plus de 20 ans, Caubère raconte sa vie sur les planches. Il y eut d’abord en 81 La Danse du Diable, qui vit la naissance de son double théâtral : Ferdinand Faure. Puis entre 86 et 93 il joua les 11 chapitres du Roman d’un Acteur, fresque démesurée de plus de 33 heures, où seul en scène, dans laquelle il joua tous les personnages et bien d’autres choses encore (téléphone, avion, 2CV, ...). Oeuvre poétique et burlesque, intime et universel, Le Roman d’un Acteur, est un récit amoureux, une plongée dans les mystères de la création artistique, un voyage de l’adolescence à l’âge adulte, et une autobiographie rêvée. Après avoir joué une dernière fois ces spectacles devant les caméras de Bernard Dartigues (ce qui nous permet d’avoir aujourd’hui les 8 premiers chapitres en DVD, et je ne vous dis pas combien j’attends la sortie du dernier coffret) Caubère fit une pause dans la biographie de Ferdinand Faure pour jouer des spectacles sur Aragon (en 96), d’après André Suarès (en 99) ou sur le torero Nimeno II (Recouvre-Le de lumière en 2002).
Mais il n’en avait pas fini avec son double, et il revint sur scène avec six spectacles entre 2000 et 2006, constituant L’Homme qui Danse, évoquant sa mère, 1968 et Ariane Mnouchkine et le théâtre.
Sur scène Philippe Caubère emplit l’espace, nous fait rentrer en quelques minutes dans son univers, rend palpable la multitude de personnages qu’il incarne. Ils prennent vie devant nos yeux grâce à un accent, une gestuelle, un détail, nous oublions alors que Caubère est seul sur une scène vide. Nous voyons les décors apparaitre, Max, Bruno, Clémence, Jean-Claude, Ariane et tous les autres (y compris Dieu) évoluer sous les marronniers de la Cartoucherie, sur la Croisette à Cannes, dans la Cour des Papes à Avignon.
Sur scène Caubère est grand...
... dans Truands moins. Ce n’est sans doute pas entièrement de sa faute. Il lui aurait peut-être fallu un metteur en scène pour le canaliser, pour que cette force brute qu’il insuffle à son personnage ne déborde pas partout, le rendant caricatural, et souvent à la limite du ridicule. Il aurait fallu un réalisateur d’une autre trempe, un qui sache ce qu’il voulait faire de son film, un polar noir, dur, violent, ou une oeuvre melvillienne, épurée, introspective, cérébrale.
Alors, oui je suis déçu. Caubère est trop rare au cinéma (le dernier film dans lequel il a joué était Le Chateau de ma Mère en 89. Il ne me reste plus qu’à attendre la sortie des derniers DVD du Roman d’un Acteur, et qui sait, peut-être un jour, la sortie de ceux de L’Homme qui Danse
jeudi 11 janvier 2007
Stanger Than Fiction
La France aime rire. La France a besoin de rire. Alors, la France produit des comédies pour satisfaire les envies des Français. Comme ces films sont des succès populaires, les distributeurs hexagonaux se disent qu'ils n'ont pas besoin de sortir les films comiques américains, hilarants certes, mais, selon ceux qui pensent à la place des spectateurs, que nous pauvres Français ne pourrions pas comprendre.C'est en raison de cet état d'esprit que Will Ferrell est un quasi inconnu chez nous. Pourtant, il fait partie de la bande de Ben Stiller, surnommée The Frat Pack en référence au Rat Pack de Sinatra, Dean Martin et Sammy Davis Jr., qui comprend Vince Vaughn, Owen Wilson, Steve Carrell, et qui nous à offert quelques-unes des comédies les plus jouissives de ces dernières années, en vrac Starsky et Hutch, Dodgeball, 40 ans et toujours puceau, ou Zoolander.
Will Ferrell, après avoir fait partie du Saturday Night Live, à pour titre de gloire le rôle-titre de Présentateur Vedette: La légende de Ron Burgundy (Anchorman - The Legend Of Ron Burgundy), sommet du portnawak assumé, du délire organisé, du non-sens total, et de la franche rigolade. Improbable bio d'un présentateur de JT de seconde zone; complètement crétin totalement mégalo, entouré d'une bande de bras cassés tout aussi débilés que lui (la palme revenant au personnage de Steve Carell, idiot fini), ce film sorti en catimini en France (huit salles en plein été) mérite d'être découvert en DVD. Rien que pour le grand Will au meilleur de sa forme, qui ne m'a fait plus rie que dans Back To School (malheureusement inédit total en France) lorsqu'il se met à courir nu en pleine rue, hurlant, et pensant être suivi par une foule tout aussi nue que lui. Il faut le voir pour comprendre. J'échangerais toutes les comédies franchouillardes sorties en 2006 contre cette seule scène, ou pour que Talladega Nights: The Ballad of Ricky Bobby, sa dernière comédie; puisse sortir sur nos écrans.
Si vous voulez voir Ferrell sur grand écran, vous pouvez toujours aller voir L'incroyable destin de Harold Crick, ce n'est pas vraiment une comédie, Will y est très sobre, et néanmoins très bon, et le film est plutôt sympathique. Il faut savoir se contenter de ce que l'on nous donne, de toute façon ça ne restera pas longtemps à l'affiche, il va falloir faire e la place pour L'île au Trésor avec Gérard Jugnot.
vendredi 5 janvier 2007
Bilan #4: So Say We All
Quatrième et dernière partie de mon bilan de 2006, avec une orientation très petit écran.Pour commencer Ma Série de 2006: Non il ne s'agit pas de Grey's Anatomy, Prison Break ou Lost. Pas question de parler de R.I.S ou de Louis la brocante. Toutes ces séries ont été des succès d'audience, mais pas une n'arrive à la cheville de Battlestar Balactica. Pourtant au départ ce n'était pas gagné. Faire un remake de la série très kitch et cheap des années 70 n'avait rien d'emballant. Mais c'était sans compter sur Ronald D. Moore, l'une des chevilles ouvrières de la meilleure des séries Star Trek, Deep Space Nine. Avec une équipe de scénariste talentueux, il a réinventé la série, lui a donné une dimension politique, religieuse, et ce qui fait souvent la force des séries de S.F. des résonances avec notre monde. BSG est non seulement une très bonne série de SF, denrée rare à la télévision (non Stargate n'est pas une bonne série de SF), mais aussi une excellente série tout court. La saison deux dépasse tout ce que pouvait nous promettre la saison un.

Ma série en DVD de 2006: Jusqu'au mois de décembre ce titre revenait à Clair de Lune, l'une des meilleures séries de l'histoire de la télé, mais est arrivé le coffret que l'on attendait plus. Alors que toutes les séries semblent avoir droit à des éditions sur support DVD, y compris les plus ringardes (Wonder Woman L(homme qui valait trois milliards, Droles de Dames) il manquait une des séries majeures de l'histoire du petit écran, l'une des rares à pouvoir revendiquer le titre de série culte: Mission: Impossible. Erreur réparée avec la sortie fin 200§ de la première saison de cette série mythique. Saison rarement diffusée à la télévision française, sans doute parce que le chef de l'équipe n'est pas encore Jim Phelps, mais Dan Briggs, cette saison, si elle n'est pas aussi réussie que les deux saisons suivantes, pose les bases du show, et développe des histoires qui 40 ans après leur première diffusion arrivent encore à captiver. Contrairement à d'autres dont l'intérêt s'autodétruit après 15 secondes.
jeudi 4 janvier 2007
Bilan #3: What's Next
3° partie de mon bilan personnel de 2006, qui commence avec Mon livre de 2006: Martin Winckler n'ayant pas sorti de roman au cours de l'année écoulée, il n'aura pas l'honneur de recevoir cette auguste distinction (j'aurais pu biaiser et l'attribuer à Les Trois Médecins qui est sorti en poche à l'automne). Elle revient donc à Jasper Fforde pour la trilogie Thursday Next comprenant L'affaire Jane Eyre, Délivrez moi, et Le Puits des Histoires Perdues. Ces histoires se déroulant en parie à l'intérieur de livres, et pour l'autre partie dans un monde alternatif, où l'Angleterre livre encore une guerre aux Russes en Crimée, des agents gouvernementaux sont chargés de combattre les vampires, loups-garous et autres forces du mal, où les dodos et les mammouths clonés sont soit animaux de compagnies, soit attractions touristiques, et où une compagnies multinationale contrôle les gouvernements, sont un pur bonheur. Mêlant enquête policière et fantastiques, personnages attachants, voyages dans le temps, et exploration des classiques de la littérature de l'intérieur, ces ouvrages sont les plus imaginatifs, les plus créatifs, les plus surprenants que j'ai eu l'occasion de lire depuis longtemps. Après avoir reposé le dernier volume de ses aventures, il ne me tardait qu'une chose, que la suite arrive en librairie.
Passons à Mon homme fictif de 2006: Josiah Edward Bartlett. Pour ceux qui n'ont jamais vu The West Wing, il s'agit du seul président US valable de ces dernières années. Pur fantasme, Bartlett est un président idéal, cultivé, intègre, humain, prix Nobel d'économie, fin lettré, il a gouverné pendant deux mandat avec sagesse, clairvoyance, et une équipe d'exception. Bartlett est aussi déprimant, car il n'est qu'un président de fiction, et que le véritable occupant de la Maison Blanche n'a rien à voir avec lui. Jed Bartlett à quitté le pouvoir au printemps dernier, à la fin de la 7° et ultime saison de la série, et même si lors des dernières saison il a été moins présent, et moins flamboyant que lors des premières années de son mandat, c'est avec regret que je l'ai vu s'envoler pour son dernier voyage à bord 'Air Force One.
à suivre...
mercredi 3 janvier 2007
Bilan #2: Banzai
Mon émission de télé de 2006: 7 jours au Groland. Elle fait du bien cette émission dans un PAF aseptisé, formaté, et souvent décérébré. Elle est le contre-pied parfait au politiquement correct qui fait rage un peu partout. Elle ose l'humour gras, pipi-caca, et qui fait mal. Au-delà de cet aspect grossier, c'est aussi une rare, sinon la seule, émission vraiment politique de la télévision, engagée, et qui n'a pas peur de son engagement, sous couvert d'humour et d'éclats de rire salutaire, elle assène un discours critique pas toujours agréable à entendre (parce que nous téléspectateur avachi devant notre poste en prenons autant que les hommes politiques) mais qui à le mérite ne nous secouer, là ou le reste des programmes nous caresse dans le sens du poil. Alors, viendez au Groland, pays accueillant et lâche, qui bien que gouverné par un président élu à vie et peuplé par 90% de vieux (au Groland on ne dit pas personne âgés) est le pays le plus sympathique au monde.
Ma femme de l'année 2006: Non ce ne sera pas Ségolène Royale! Je ne céderais pas à la facilité, et ne suivrais pas les médias, et ne ferais pas de la potentielle future première présidente de la République la femme de l'année 2006. Nous verrons en 2007, peut-être. Ma femme de l'année est donc Louise Bourgoin. Je sais, c'est une miss météo, je sais elle n'a pas découvert le radium ou traversé l'atlantique à la rame. Elle a réussi un autre exploit, me faire regarder la météo (et accessoirement Le Grand Journal de Canal). Ce n'est pas pour la qualité de son bulletin météo qui ne diffère pas des autres au niveau de son contenu et de son côté approximatif, mais pour les blagues souvent foireuses qui ne font rire que moi et Ariane Massenet, sa fraicheur et sa bonne humeur, et un physique pas désagréable du tout. Certes après avoir fait de Littell mon homme de l'année, choisir ma femme de l'année uniquement sur des critères frivoles n'est pas très glorieux, mais je ne suis qu'un homme.
à suivre...
mardi 2 janvier 2007
Bilan #1: Don't Panic
La fin de l'année, et le début d'une nouvelle, en gros lors d'une période charnière, il est de coutume de faire des bilans, des rétrospectives et autres classements. Donc sans plus de propos liminaires voici mon bilan de l'année 2006.
Commençons par Mon film de 2006. Comme j'en ai déjà parlé je ne m'étendrais pas sur ce qui restera pour moi le meilleur film de l'année écoulée Le Labyrinthe de Pan, mais je ne saurais trop vous le conseiller, courez le voir s'il est encore à l'affiche près de chez vous.Passons à Mon film en DVD de 2006: H2G2, le guide du voyageur intergalactique. Pendant des années, des légions de fans de l'oeuvre de Douglas Adam attendaient avec impatience, mais aussi beaucoup d'appréhension, l'adaptation de la trilogie en 5 volumes du Guide Galactique. Cette oeuvre véritablement multimédia, puisqu’initiée à la radio, elle s'est exportée dans le monde entier grâce au livre, fut une série télé populaire en Angleterre, une pièce de théâtre et un jeu vidéo. Il ne lui manquait plus qu'une adaptation sur grand écran. Longtemps repoussée, cette transposition cinématographique est sortie en 2005, quatre ans après la mort de Douglas Adam. Si le créateur d'Arthur Dent ne vit jamais le film, son empreinte est bien présente, et l'esprit du Guide n'est pas dénaturé le moins du monde. Sorti en 2006 le DVD est passé déjà plusieurs fois dans mon lecteur et dans celui d'ami.
Pour finir cette première partie de mon bilan de 2006 Mon homme de l'année 2006: Jonathan Littell. Avant toute chose, je n'ai pas lu Les bienveillantes, mais un type capable de vendre son livre à plusieurs milliers d'exemplaires, sans apparaitre une seule fois à la télé, à rafler le prix de l'Académie Francaise, et le prix Goncourt, et de continuer à refuser de montrer sa tronche dans les médias, à une époque où l'on n'existe que si on passe à la télé, où le ou la prochain(e) Président(e) de la République devra son élection à son image médiatique, sa façon de communiquer, et pas du tout au contenu politique de son programme, cet homme-là mérite plus que tout autre d'être mon homme de l'année. Maintenant il va falloir que je lise son bouquin pour voir s’il vaut tous ces éloges.
à suivre...
lundi 1 janvier 2007
Bonne Année
2007 est là. C'est le moment de prendre de bonnes résolutions: arrêter de fumer, de boire, manger moins lourd, faire du sport, être gentil avec les gens, téléphoner plus souvent à sa grand-mère, ne plus croire les promesses des candidats à l'élection présidentielle. Heureusement toutes ces bonnes intentions seront oubliées avant la fin du mois de janvier.
Mais tant que l'année est jeune, que les bulles de champagnes virevoltent encore dans nos cerveaux, profitons de toutes les promesses que nous apporte l'an neuf.
mardi 19 décembre 2006
Santa Claus is coming to town
C'est un fait indéniable: Noël approche. Les rues des villes et des villages se sont parées de mille lumières, les sapins ont revêtu leurs habits de fête, les vitrines des magasins croulent sous les décorations.
Dans cette ambiance joyeuse, la tête remplie de chansons de noël, pas celles de Tino Rossi, mais celle de Frank, Dino et Sammy, il faut remplir la hotte du père noël de cadeaux pour toute la famille. Casse-tête annuel qui fait chauffer les neurones et la carte bancaire. Quoi pour papa? Qu’elle taille le pull pour maman? Et mon frère que lui offrir? Qu'est-ce qui fera plaisir à mon amoureuse? Au milieu de la foule, dans le froid enfin descendu sur la France, ce qui pourrait être une corvée devient un jeu de piste, un moment de plaisir baigné de l'odeur des marrons grillés.
Tout cela, cette magie particulière, cette ambiance, ce moment à part s'évanouiront le 26 au matin. Le sapin ne sera plus qu'un sapin, le repas de Noël pèsera lourd sur l'estomac, les papiers-cadeaux encombreront la poubelle, les chants, même ceux de Sammy, Dino et Frank deviendront affreusement ringards.
Profitons donc de ces quelques jours avant que comme dans le conte de fées le carrosse ne redevienne citrouille, que la vie reprenne son aspect banal, triste, gris, et que les carcasses de sapins n'ornent les trottoirs, tristes reliques des jours de fête passés.
jeudi 30 novembre 2006
A méditer...
La Loi de l'Emmerdement Maximum
1-Rien n'est aussi simple qu'il y paraît.
2-Tout prend plus de temps que ce que vous pensez.
3-Tout ce qui est susceptible de mal tourner, tournera nécessairement mal.
4-S'il existe plusieurs façons pour les choses de mal se passer, c'est celle qui fera le plus de dégâts qui se produira.
5-C'est au pire moment que les choses tourneront mal.
6-Si quelque chose "ne peut tout simplement pas mal tourner", ca tournera mal quand même.
7-Si vous avez trouvez plusieurs façons pour les choses de mal se passer, mais que vous les avez circonvenues, une autre façon apparaîtra spontanément.
8-Laissées à elle-mêmes, les choses ont tendance à aller de mal en pis.
9-Si tout semble manifestement bien se passer, c'est que quelque chose vous a échappé.
10-La Nature frappe toujours au défaut de la cuirasse.
11-Mère Nature est une chienne. L'univers n'est pas indifférent à l'intelligence, il lui est activement hostile.
12-Il est impossible de faire quoi que ce soit à l'épreuve des imbéciles : les imbéciles se montrent toujours si ingénieux !
13-Si vous décidez de faire quelque chose, il y aura toujours autre chose à faire avant.
14-Chaque solution apporte de nouveaux problèmes.
mercredi 29 novembre 2006
The New and Improved James Bond
Depuis plus de 40 ans avec une régularité quasi métronomique, il revient sur les écrans. Non ce n’est pas Woody Allen, même si ce dernier participa à l’une des aventures (non officielle et parodique) du plus célèbre des agents secrets au service secret de Sa Majesté. Bien sûr vous aurez reconnu 007, Bond, James Bond.
La dernière fois qu’il nous avait rendu visite, il était accompagné de la très glamour Halle Berry, et roulait en voiture invisible sur la banquise et empêchait une mégalomane de détruire la planète. Ou un truc approchant. Rien de bien original. Malgré les très bons résultats au box-office, les producteurs sentaient bien que la franchise tournait en rond. Pour éviter de sombrer dans la caricature (certaines mauvaises langues diront que les derniers opus étaient déjà une caricature), il fallait d’urgence revoir la copie.
Reboot complet donc avec Casino Royale, 21éme aventure cinématographique de James, mais première aventure écrite par Ian Fleming. Jamais adaptés sérieusement pour le grand écran, les débuts de l’agent secret offraient un moyen idéal de faire redémarrer la franchise sur de nouvelles bases en revenant à la source.
Exit donc Pierce Brosnan après 4 films, et bienvenu à Daniel Craig, 5éme acteur à endosser le smoking de Bond. Si la blondeur de l’acteur a pu faire couler beaucoup d’encre, le choix de ce nouvel interprète, plus proche du charisme animal d’un Sean Connery que du glamour d’un Roger Moore, n’est pas un caprice des producteurs. Il est plus proche du personnage de Flemming que tous les autres interprètes l’ayant précédé.
Plus dur, plus violent, plus humain aussi. Le nouveau Bond n’est plus une gravure de mode évoluant dans des décors paradisiaques une bimbo à son bras, combattant des mégalomanes en manque de domination mondiale. Le fraichement classé double zéro, grade qu’il obtient lors d’un pré-générique en noir et blanc, sans cascade à couper le souffle, mais un combat brut qui donne le ton du film, doute, se trompe, saigne, chute, en un mot apprend ce qu’est son boulot.
Résolument différent, le nouveau Bond renouvelle la franchise avec brio, dépoussiérant n mythe avec talent, et lorsque qu’apparait le traditionnel “James bond Will Return” à la fin du générique, pour la première fois depuis longtemps on espère ce retour.
J’oubliais, un dernier détail pour vous convaincre d’aller voir Casino Royale: Eva GreenEst-il besoin d'en dire plus?
dimanche 26 novembre 2006
lundi 20 novembre 2006
Toiles
Les temps sont durs. Je ne parle pas du temps qu’il fait, la pluie et le froid c’est tout ce qu’il y a de plus normal en cette fin novembre. Non il s’agit de cette ambiance pas nette de pré-campagne électorale. Sarkozy prend de plus en plus de place et d’assurance, jusqu’à presque mordre Alliot-Marie quand elle ose le contester. Je ne dirais rien de Dieudonné qui rejoint le Front National, comme l’a dit Farrugia, je l’aimais bien de son vivant. Pas facile d’avoir le moral, à moins d’être sympathisants de Ségolène Royale. Ou d’aller au cinéma.
Parce qu’en cette fin d’année il y a de quoi se réjouir pour au moins deux raisons.
Tout d’abord par d’ordre d’apparition sur les écrans Le Labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro. Le réalisateur de deux films adaptations de comic, Blade 2 et Hell Boy, s’en revient en Espagne et dans la période franquiste après L’échine du Diable, et fait une nouvelle fois se croiser Histoire et fantastique, enfin pas exactement se croiser, plutôt marcher côte à côte les monstres de la vraie vie et les créatures de l’imaginaire, avec entre les deux une fillette qui se soulage de fréquenter les premiers en s’en allant dans le monde des seconds. Fable sur le pouvoir et la nécessité de maintenir la part d’imaginaire dans le monde, Le Labyrinthe de Pan est un film indispensable, d’une beauté formelle à couper le souffle, et d’une force dans son histoire que vous laisse des traces pour longtemps dans la tête, et l’envie d’y retourner à peine sorti de la salle. Injustement ignoré du dernier Festival de Cannes, où il mal vu de distingué un film de genre, je ne saurais que trop vous conseiller d’aller vous perdre dans ce labyrinthe, quand vous en sortirez, vous ne l’oublierez pas.
Dans un tout autre genre, mais tout aussi efficace pour chasser les idées noires et le cafard qui peuvent s’installer quand le ciel se fait plus bas et plus gris, Borat. Précédé d’un buzz d’enfer, et accompagné de l’Amphore d’Or gagnée au dernier festival du film Grolandais (gage de qualité) ce film est une bombe pour les zygomatiques. Faux documentaire sur les USA, vraie pantalonnade enchainant les gags potaches, les scène instantanément culte (les déclarations lors du rodéo, le combat de catch, le dîner...) Borat est un pur bonheur de comédie, pas très fin, très souvent en dessous de la ceinture, mais dans ces temps du retour à l’ordre moral, du politiquement correct et de l’aseptisation du rire, ça fait du bien. En plus, je suis sur qu’il n’a pas du faire rire Sarkozy grand ami des USA, et Royale gardienne des bonnes manières et du bon goût.
lundi 30 octobre 2006
Elvis est vivant... et il n'est pas content

Le terme de film culte est très souvent employé à tort et à travers. Pour peu qu'une ou deux répliques s'installent dans les cours de récréation, qu'elles soient reprises par les guignols ou la presse, n'importe quel navet ayant eu un peu de succès se voit qualifier de film culte.
Bubba Ho-Tep est un vrai film culte, lui. Avant de sortir en salle en France l'hiver dernier, il s'était baladé de festival en festival, créant un "buzz" énorme parmi la petite communauté des cinéphiles amateurs de curiosités.
L'histoire: Dans une maison de retraite minable du Texas, le King, Elvis Presley himself, attend la mort et une éventuelle érection. Tout le monde le croit fou, car on le sait bien Elvis est mort des excès de consommation de beurre de cacahuètes depuis longtemps. Le seul à la prendre au sérieux est JFK. Ou celui qui dit être le Président Kennedy. On voudrait bien le croire s'il n'est pas noir. D'après lui, c'est une manoeuvre de la CIA pour la faire taire.
Tous deux pourraient couler des derniers jours heureux, ou presque, si une momie égyptienne de passage n'avait pas élu domicile elle aussi dans l'hospice, et, pour survivre, n'aspirait pas l'énergie vitale des pensionnaires par l'anus.
Elvis et JFK décident qu'il est temps de faire quelque chose pour la maison de retraite, même si la maison de retraite ne fait pas grand chose pour eux.
Cette histoire improbable aurait pu donner un nanar, mais grâce au talent de Don Coscarelli, l'énergie de Bruce Campbell génial en Elvis grabataire, et l'enthousiasme du reste de l'équipe cela donne un petit bijou à la fois drôle et émouvant.
À la fois film d'horreur soft, comédie déjantée, réflexion sur la vieillesse et les mythe d'une Amérique oubliée, Bubba Ho-Tep est un grand film, prouvant qu'avec un budget ridicule, mais un vrai talent on peut réaliser un petit chef d'oeuvre. Et un vrai film culte.
mercredi 25 octobre 2006
Le film il est beau, le disque il est gentil (et inversement)
Parmi les films réalisés par Jean Yanne, nombreux sont ceux qui ont pris un coup de vieux. Trop marqués par l’esprit de l’époque à laquelle ils ont été tournés (Les Chinois à Paris, Chobizenesse, ou Je te tiens, tu me tiens par la barbichette par exemple) ils sont aujourd’hui très daté, et plus très drôle. Un seul reste aujourd’hui aussi percutant que lors de sa sortie (et je dis ça avec d’autant plus d’aplomb que je n’étais pas né) et aussi drôle: Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.
Critique acerbe de la radio (que l’on peut facilement transposer aujourd’hui dans le milieu télévisuel) le film dénonce le pouvoir de la publicité, la lâcheté des dirigeants de chaine, la servilité des journalistes, et l’opportunisme général des médias. Féroce et hilarant, méchant, mais jamais bête, il mérite d’être vu, revu, et revu. Ce qui est possible depuis deux ans grâce au DVD très bien fait.
Un autre atout du film est sa bande originale, signée par Michel Magne pour la musique, et Yanne pour les paroles des chansons. Petit bijou d’irrévérence ce disque est tout aussi indispensable que le DVD. Duo parfait à avoir sur ces étagères.
mardi 17 octobre 2006
Cacahuètes

Tout le monde connait Snoopy. Parfois sans jamais avoir lu un seul strip des Peanuts. Il fait, au même titre que Charlie Brown, parti de ces référent culturel commun, il a une place dans l’inconscient collectif, c’est une icone moderne, un exemple de la pop culture.
Tout le monde connait Snoopy, mais combien sont ceux qui ont eu l’occasion de lire les premiers strip de Shulz? Grace soit donc rendue aux éditions Dargaud qui ont la très bonne idée de reprendre l’édition des l’intégrale des Peanuts. Entammée l’an dernier avec un premier tome couvrant les années 1950 à 1952, cette intégrale se poursuit avec un deuxième tome regroupant les deux années suivantes 53 et 54.
Le dessin s’affirme, la petite bande prend forme, et si Snoopy ne ressemble pas encore a ce que l’on connait, il ne marche pas debout, ne dort pas sur sa niche, ses reflexions font déjà le sel de ce morceau d’histoire de la bande dessinée.
C’est un vrai bonheur que de se (re)plonger dans ces pages, véritable voyage dans l’histore américaine. Le seul reproche, le rythme de parution qui devrait être un petit peu plus rapide.
mardi 10 octobre 2006
Petite pensée...
En cette période de pré-campagne présidentielle...
"En politique, il faut donner ce qu'on n'a pas, et promettre ce qu'on ne peut pas donner"
Louis XI
Plaisir coupable
On peut aimer passionnément Star Trek au point d’avoir une étagère réservée à la collection complète des DVD, séries et longs métrages, avoir vu une dizaine de fois l’intégrale de Babylon 5, y compris les téléfilms, se passer en boucle Farscape, attendre fébrilement les nouveaux épisodes de Battlstar Galactica, et regarder Stargate: SG1.
Alors oui c’est de la SF au rabais, une série formatée, sans audace, répétitive, sans mémoire. Oui je reconnais qu’en dix ans d’existence il n’y a pas eu de vrai arc narratif, de mythologie digne de ce nom, d’épisode vraiment mémorable. Et pourtant, je suis cette série. Pire encore, je regarde également Stargate Atlantis, qui est encore pire que sa grande soeur.
Mais voilà, Stargate est la seule série de SF diffusée sur une chaine hertzienne en clair. Jamais Farscape, Star Trek, Babylon 5 ou Battlestar Galactica n’ont eu droit à un tel traitement. Fautre de grive ans mange du merle. Et puis le foie gras, les truffes, le caviar c’est délicieux certes, mais un jambon purée c’est pas mal non plus, moins raffiné, mais nourrissant.
Donc, je regarde Stargate: SG1 et Atlantis, je sais que c’est mauvais, mais j’assume.
