Cela n'a l'air de rien, mais c'est un bon indicateur de la société dans laquelle nous vivons. Depuis quelques semaines les publicités vantant les mérites des produits agro-alimentaire sont accomapgnés de messages de prévention ou d'incitation. La réclame pour un soda est accompagnée d'un déroulant incitant à pratiquer une activité sportive régulière. Celle pour des biscuits se termine par un message nous reccomandant de manger des fruits et légumes frais. Il nous est précisé lors d'un spot pour une barre chocolaté qu'il n'est pas bon de manger trop sucré ou trop gras.
Après avoir fait inscrire des messages de prévention sur les paquets de cigarettes, et en beaucoup moins gros sur les bouteilles d'alcool (ceci pour ne pas s'alliéner le lobby des viticulteurs), voila que ce sont des produits alimentaires qui sont montré du doigt, nuisibles qu'ils sont pour notre santé.
Dans cette logique je conseille d'aposer sur les bouteilles d'eau le message suivant: "Boire fait pisser", sur les livres: "Penser par soi même fait mal à la tête", et peut être qu'en dernier recours, si nous ne saisissons pas tous les risques qui nous entourent, il faudra tatouer sur chacun de nous: "Vivre Tue".
vendredi 27 avril 2007
Prévention
mercredi 18 avril 2007
Anniversaire
Le 18 avril 1988 Pierre Desproges est mort d'un cancer, Etonnant, non ?
En cette date tristement anniversaire, laissons lui la parole (d'outre tombe)
"Il ne faut pas désespérer des imbéciles. Avec un peu d’entraînement, on peut arriver à en faire des militaires."
Fonds de tiroir
"Les imbéciles n'ont jamais de cancer. C'est scientifique."
Almanach
"Si c'est les meilleurs qui partent les premiers, que penser des éjaculateurs précoces."
Fonds de tiroir
"Moi, j'ai pas de cancer, j'en aurai jamais je suis contre."
Almanach
"S'il n'y avait pas la science, malheureux cloportes suintants d'ingratitude aveugle et d'ignorance crasse, s'il n'y avait pas la Science, combien d'entre nous pourraient profiter de leur cancer pendant plus de cinq ans ?"
Texte de scène
Plus de citations sur le site officiel
lundi 16 avril 2007
Généri(k)
Il y a bien longtemps, sur un site aujourd'hui fermé, j'écrivais un article pour regretter l'absence d'écrits sur les séries télés. Je déplorais la disparition des deux magazines de références sur le genre, et le peu de livres se penchant avec intelligence sur le sujet. Certes, il n'y a pas beaucoup d'ouvrage consacrés aux séries (même si Les Meilleur des Séries 2007 est sorti en début d'année) mais en ce qui concerne la presse, les choses bougent.
Depuis février Générique(s) propose chaque mois un regard intéressant sur le monde des séries, melant actu, dossier, analyse. Magazine "haut de gamme", à la mise en page très classe, et au contenu iconographique de qualité, l'arrivée de cette revue a été une agréable surprise. D'abord disponible uniquement sur abonnement, et en version numérique, il est pour son troisième numéro disponible en kosque.
Trois ans après la mort d'Episode, Alain Carrazé se relance dans l'aventure avec Episodik. Trimestriel, ce magazine à une ligne éditoriale ambitieuse: décrypter l'influence que peuvent avoir les séries télés sur note vie. D'aspect plus "cheap" (il faut vraiment changer de maquette, et de couverture), il n'en propose pas moins un contenu de qualité.
Deux publications qui se démarquent de la presse pour ado qui traite des séries, ça fait plaisir.
jeudi 12 avril 2007
Pot de départ
Au départ il y a un documentaire refusé par Canal. Il fut une époque où la chaîne cryptée avait plus de couilles, mais les temps changent et quand John Paul Lepers est arrivé avec son reportage sur Madâme Chirac, les cadres de la chaîne ont eu peur, et ont dit gentiment, mais fermement non. Il ne voulait pas prendre le risque de se faire gronder par la première dame de France, déjà que les relations avec Bernadette n'étaient pas au beau fixe (salauds de Guignols).
Alors, JPL s'en est allé avec ses images sous le bras. Difficile de vendre à une autre chaine ce que Canal avait refusé. C'est bien connu, dans le PAF ont est pas très courageux. Tout aurait pu s'arrêter là. Ce n'est pas la première fois que pour des raisons politiques ou économiques un docu reste dans les tiroirs. Mais JPL est obstiné, et il a des copains qui le sont tout autant. Puisque le film ne pouvait pas être diffusé en télé, il en a fait un livre. Pubié par son pote Guy Birembaum, qui n'est pas le dernier pour mettre les pieds dans le plat, Madâme est sortie en librairie il y a un an. Le pire c'est qu'il s'est vendu. Avec une bonne promo, un excellent bouche à oreille, le bouquin tiré du docu est devenu une référence.
L'aventure aurait pu en rester là. C'était déjà pas mal. C'était sans compter sur l'obstination de JPL. Madâme, le film est devenu un feuilleton sur le blog de Lepers. Les internautes en ont fait un hit. Et le film sort enfin en DVD.
Alors que Paris-Match offre à Bernadette un publireportage pour son départ de l'Élysée, ça fait plaisir de voir qu'il existe encore quelques journalistes qui osent égratigner, n'ont pas peur de déplaire, et ne cèdent pas à la pression. Dommage qu'ils ne trouvent plus leur place sur les grandes chaînes de télé. Et heureusement que l'internet est encore un espace de liberté, et de création.
mardi 10 avril 2007
Isabelle C.
La première fois que j'ai vu Isabelle Carré c'était il y a bien longtemps dans Beau Fixe. Ou plutôt la première fois que j'ai remarqué Isabelle Carré c'était dans Beau Fixe, de Christian Vincent. J'avais dû la voir avant cela dans Romuald et Juliette de Coline Serreau, mais je ne peux pas dire que j'y avais prêté attention. Dans Beau Fixe, elle m'avait marqué, si j'ai oublié toutes les autres actrices de ce film, que je n'ai pas revu depuis sa sortie en salle, je me souviens très bien d'elle. Je ne dirais pas que je suis tombé amoureux d'elle (elle n'est pas mon type, je ne craque pas pour les blondes éthérée, mais plutôt pour les brunes piquantes) , mais j'ai été tout de même sous son charme, son talent.
Puis il y a eu La Femme Défendue, de Philippe Harel, le film est moyen, mais à tout de même une qualité, Isabelle est de tous les plans. 1 h 30 d'Isabelle en vue subjective, un pur bonheur. C'est à ce moment-là que je suis devenu un inconditionnel. Pas obsédé au point d'aller voir tout ses films, mais je guette tout de même ses apparitions cinématographiques. Si je suis allé voir Les Sentiments, c'est pour elle (et aussi Bacri). Si j'ai pleuré à la fin de Se Souvenir Des Belles Choses, c'est à cause d'elle et de son talent. Et ce n'est pas que pour José Garcia que je suis allé voir Quatre Étoiles, mais pour la voir enfin dans un rôle comique, la voir lumineuse, radieuse, irradiant l'écran.
Avec Anna M. elle est de nouveau sur les écrans, pour mon plus grand bonheur. Cette fois-ci, elle a un rôle plus sombre, plus grave. Cette fois-ci encore elle nous donne toute la mesure de son talent, dans ce qui aurait pu être un personnage casse-gueule, caricatural. Elle en fait une femme perdue, à la dérive, et qui quand elle sombre dans la folie ne devient pas ridicule, juste pathétique. La dernière image du film peut soit faire froid dans le dos, soit vous donner espoir. Tout ça juste avec un sourire. Chapeau.
vendredi 30 mars 2007
Autopromo
Ca bouge à Le Village.
Outre mon deuxième épisode de C'Dans les Vieux Pots de cette saison consacré à Destination Danger, la série qui révéla Patrick McGoohan, et lui permit de faire Le Prisonnier, vous pouvez retrouver un dossier très complet sur les 20° RITV, et plein d'articles divers et variés sur les fictions télévisées européennes.
N'hésitez pas à aller faire aussi un tour sur le forum
mercredi 28 mars 2007
B4F
Je ne sais pas vous, mais moi je ne sais toujours pas pour qui je vais voter lors du premier tour le l'élection présidentielle. Ce n'est pas tant la profusion de candidats qui me pose problème, car si je ne sais pas à qui je vais donner mon vote, je sais déjà qui ne l'aura pas, et les 3/4 des candidats n'ont aucune chance de me voir voter pour eux. Mais voilà, parmi les 3 ou 4 qui restent aucun n'arrive à me faire vraiment envie, ou pour parler cru, me faire bander.
Circonstance aggravante pour eux, je me suis replongé dans les premières saisons de The West Wing, les plus flamboyantes, les plus marquantes, les meilleures. Depuis hier j'ai commencé la 4° saison, celle qui place Bartlett en campagne pour sa réélection. Je sais que ce n'est qu'une fiction, que Sorkin est un idéaliste, et que jamais au grand jamais un candidat, un président tel que Jed Bartlett n'a existé, et probablement n'existera. Pourtant, putain quel homme, politique ou tout court. En voilà un dont les discours arrivent à me convaincre de voter pour lui. Je sais que j'ai déjà fait de Joshia Bartlett mon homme de l'année 2006, mais j'enfonce le clou, et j'en fais mon candidat pour cette élection présidentielle. Tant pis s'il est américain et totalement fictif.
mardi 27 mars 2007
En campagne
Il reste moins d'un mois avant le premier tour de l'élection présidentielle. Ce n'est pas un scoop. Il y a quelques années, quand j'avais encore le temps de prendre le temps de lire la presse, je me plongeais chaque jour dans Libé et Le Monde. Aujourd'hui, j'ai vieillis, et je n'arrive plus à lire les petits caractères des journaux. Alors je vais sur le web, et je butine les blogs. Pour ceux qui sont comme moi (myopes et overbooker) voici quelques adresses que je visite régulièrement.
Le Blog de Christophe Barbier: Le rythme des articles n'est pas très soutenu, la photo de Barbier vos sont pesant de cacahuètes, mais le contenu est intéressant.
Domaine d'Extension de la Lutte: Le blog de Guy Birenbaum, le plus engagé, très radical, mais ça fait plaisir dans un monde médiatique tiède.
[Big Bang Blog]: La bande de Arrêt sur Image (Schneidermann, Abiker et la prof de lettre). C'est inégal (pour tout dire je n'aime pas les leçons de la prof), mais bien dans l'esprit de l'émission télé, et assez drôle (surtout les articles de David Abiker)
Jean-Michel Aphatie: En un mot, mon préféré. A lire après avoir écouté l'interview (parce que rien ne remplace l'accent de Jean -Michel). Très bien écrit, avec une pointe d'ironie, et une analyse juste.
Maintenant à vous de vous faire une opinion...
lundi 26 mars 2007
Un petit tour...
Cela fait longtemps que je ne suis pas venu donner mon avis sur un sujet ou un autre en ces pages. Manque de temps, d'inspiration. Tout cela n'a pas vraiment changé (vivement les vacances) mais j'ai juste envie de vous donner à penser avec cette photo.
Sans commentaire.
lundi 26 février 2007
Just For Fun
C'est idiot. Ça ne veut rien dire. Et ça me fait rire...
dimanche 25 février 2007
Rendons à...
Devant un la grande famille du cinéma réunit pour l’occasion, et que Valérie Lemercier a une nouvelle fois tentée de dérider avec plus ou moins de succès, mais une belle énergie, les César ont été décernés hier soir au théâtre du Chatelet.
Comme chaque année les commentateurs de tout bord s'ingénieront à faire remarquer que le cinéma populaire (Les Bronzés 3, Camping...) était absent des nominations, que les comédies (représentées par OOS 117, prête-moi ta main, ou Quatre Étoiles) ont été oubliées, que le cinéma populaire a du s’effacer devant le cinéma d’auteur (5 trophées pour Lady Chatterley) ou s’interrogerons sur la nécessité de remettre un César d’honneur à l’acteur étranger en promo (après Will Smith ce fut Jude Law).
Mais le pire n’était pas là. Non ce n’était le discours de Pascale Ferran qui a réussi à plombé l’ambiance avec son intervention interminable. Ce n’est pas non plus la disparition du César du meilleur film européen (après tout la France à dit non au traité établissant une constitution Européenne, et si en plus c’est pour une nouvelle fois le décerner à Almodovar ça pourrait paraître suspect).
Le pire c’est le parrasitage de la cérémonie par le fantôme des 7 d’Or. Bon certes le doc de Karl Zéro est amusant et bien foutu, mais comme l’a justement ait remarqué Michel Royer, il est composé à 100% d’images télé. Elles sont bien montées, le commentaire de Gustin est drôle, mais est-ce que ça mérite d’être considéré comme un documentaire, et de recevoir le premier César dans cette catégorie. Mais bon ce n’est rien à côté du téléfilm qui a reçu le César du meilleur premier film. N’allez pas croire que je n’aime pas la télé, bien au contraire, je me gave depuis mon plus jeune âge de fictions télé. Mais que Je vous trouve très beau, qui n’est pas plus original qu’un téléfilm de France 3, tant par son sujet que par sa réalisation, fasse la nique à 13 Tzameti, vrai première oeuvre originale, forte, prometteuse malgré certains défauts, à Pardonnez-moi oeuvre sincère, radicale, émouvante, marquante, ou à Mauvaise Foi, comédie bien plus inspirée, à tous les niveaux, ça me fait mal au cul. Bien sûr tous les goûts sont dans la nature, et les membres de l'académie des arts et techniques du cinéma ont le droit de voter pour qui ils veulent, et de toute façon il ne faut pas attendre trop d’une institution qui ne reconnaît la comédie populaire et de qualité que quand le réalisateur est mort, comme Gérard Oury, qui a eu droit à bel hommage.
Tous les ans je me dis que je ne regarderais plus, et tous les ans je me fais avoir, je me colle devant mon poste et je peste pendant deux heures. Tant pis pour moi (et en plus je vais regarder les Oscars cette nuit).
lundi 19 février 2007
MW
J’aime beaucoup Martin Winckler. Comme ça c’est clair, et ceux qui ne le supportent pas peuvent passer leur chemin parce que je ne vais dire que du bien de lui.
J’ai découvert MW comme beaucoup de monde en lisant La Maladie de Sachs. Ce livre est devenu l’un de mes préférés, et je le relis régulièrement (tout comme je regarde régulièrement l’adaptation cinématographique avec Albert Dupontel). Comme souvent, quand j’apprécie un auteur je cherche à lire ses autres livres. C’est alors que je me suis aperçu que non seulement il était romancier, médecin, mais qu’en plus comme moi il aimait les séries télé. L’un de ses premiers ouvrages était d’ailleurs consacré à Mission: Impossible.
Depuis La maladie de Sachs j’ai lu tous les livres de MW (à l’exception des ouvrages médicaux), et ça demande du boulot, parce que le bougre écrit beaucoup, des romans bien sûr, mais aussi des documents sur des sujets divers (les séries télés, les super héros, Zorro...) des recueils de chroniques (celles de France Inter (qu’a l’époque j’écoutais chaque matin en me réveillant, et que par jeu je parodiais sur le forum du Sub Espace, parodies qu’il a eues a gentillesse de publier sur son site perso) ou celles d’Arte radio) et des nouvelles.
Dernièrement, après une année 2006 bien calme, il est revenu en librairie avec trois livres, un consacré aux droits des patients (Les droits du Patient, Ed Fleurus) un autre sur ses plaisirs culinaires (À ma bouche, Coll. Exquis d’Écrivains, Ed. Nil) et un troisième sur les séries (Le Meilleur des Séries 2007, Ed Hors Collection). Trois raisons de passer du temps à lire.
jeudi 8 février 2007
Séquence nostalgie
Aujourd’hui tout le monde a oublié qui est John Hugues (en tout cas autour de moi), mais dans les années 80 ce réalisateur américain a connu un certain succès. Avec des comédies pour ado pas bêtes et pourtant transgressives, avec ce qu’il faut de sexe, drogue et rock’n roll, de révolte et de décomplexions. Loin des dernières productions destinées aux teenagers découlant des Américan Pie et autre Scarry Movies, grosses bouses racoleuses sans imagination, sans discours, et au final sans intérêt. Mais en dehors de Weird Science (Une créature de rêves) gros délire à la gloire des geek, ou Ferris Bueller’s Day Off (La folle journée de Ferris Bueller) pochade sympatoche sur la fin de l’adolescence, il fut le réalisateur d’un des meilleurs films sur l’adolescence, son malaise, sa révolte, ses questionnements : Breakfast Club.
En apparence c’est un film pour ado classique, un High School comme un autre, un matin de colle comme les autres, 5 lycéens comme les autres réunis contre leur gré dans cette bibliothèque parce qu’ils ont fait des choses interdites par le règlement. Cela ressemble à n’importe lequel des High Schools movie, ça fait même peur tellement c’est cliché. Dans cette salle de colle, il y a le sportif, le délinquant, la fille populaire, l’intello et la folle. Et même le proviseur buté, borné. Mais les clichés ne sont là que pour souligner le propos du film. John Hugues dépasse vite cette vision stéréotypée de la jeunesse. Il pose le doigt là où ça fait mal, il décortique le mal-être de ces jeunes, qui sous leur masque sont tous les mêmes, souffre de la même façon, subissent la vie qu’on leur propose, impose, la seule différence c’est la façon dont ils y répondent. L’intello trompe ses parents en ramenant des bons résultats, le sportif répond aux attentes de son père en restant un champion, la folle garde les autres à distance par son excentricité pour éviter de parler, de se dire, la reine du bal n’existe que par son apparence, et le délinquant est le seul à oser afficher sa rébellion.
Petit à petit ces cinq ados qui n’avaient à priori rien à faire ensemble vont apprendre à se connaitre, profiter de ce temps pour enfin se raconter, confier leurs tourments, en rire, en pleurer, laisser un moment tomber les masques, même s’ils ne sont pas dupes et qu’ils savent qu’après ce moment privilégié il faudra qu’ils les remettent, ils auront au moins dans les couloirs du lycée des complices, des bouées de secours: les autres membres du Breakfast Club.
lundi 5 février 2007
On ouvre
Ça y est Le Village a ouvert ses potes. Le nouveau site du réseau du FLT consacré à la fiction européenne est en ligne depuis quelques heures. Allez y faire un tour, il y a plein de bons articles (et pas seulement le mien sur The Monty Python Flying Circus).
mercredi 31 janvier 2007
Opé F.
Dans le paysage audiovisuel français où le politiquement correct est de plus en plus la règle, où les discours se font de plus en plus policé, où l’art de la critique se perd dans les méandres de la promotion, il existe encore de rares émission qui grattent, dérangent, osent l’ouvrir bien grand et nous foutre une bonne paire de claques salutaires.
Non je ne parle pas encore de 7 jours au Groland, mais de Opération Frisson, l’émission de Cinécinema Frisson. Menée par l’excellent Yannick Dahan, dont l’accent toulousain assumé tranche déjà avec le reste des présentateurs aux sonorités aseptisés, cette émission s’attaque de front au cinéma de genre (sans pour autant se limiter au polar, fantastique, SF, horreur, mais en couvrant également la comédie, le film historique, et d’autres genres) que ce soit en salle ou en DVD.
Dahan qui revendique une geek attitude (et une passion incompréhensible pour Steven Seagal) a également une vraie culture cinématographique, un regard acéré, et une bonne plume. Tout cela lui permet de nous livrer des critiques argumentées, qui jugent les films à l’aune de leurs qualités artistiques, et non le discours promo habituel. Nous n’avons pas à faire à un Michel Drucker qui n’a pas vu un seul mauvais film en 50 ans, mais un journaliste sincère, qui assume ses gouts, et ses dégouts, qui peut démonter un film et aussi s’enthousiasmer pour un autre. Ses coups de gueule sont retentissants, ce qui n’en rend ses coups de coeur que plus fort.
Sans partager tous ses points de vue (notamment sur Seagal), je sais que quand il recommande un film ou un DVD, c’est parce qu’il l’aime, et pas parce que l’attaché de presse lui a dit que c’était le plus grand film depuis l’invention du cinéma.
Opération Frisson c’est 20 minutes hebdomadaire de pur plaisir, tant par le fond que par la forme, souvent grand portnawak visuel, un délire verbal, assumant les bafouillages de Dahan et les intégrant au montage.
La bonne nouvelle supplémentaire, il n’est plus indispensable d’être abonné à Cinécinéma, l’émission étant disponible chaque semaine en intégralité en ligne et à podcaster.
jeudi 25 janvier 2007
Mort d'un honnête homme
Il est des hommes qui vous réconcilient avec la politique. Des hommes qui ont du coeur, du courage, des idées, et qui ne placent pas leurs ambitions personnelles au dessus de tout le reste.
Alors que la France agitée par une campagne présidentielle où la forme à plus d'importance que le fond, où les deux candidats principaux (ou du moins les deux favoris des médias) n'ont, pour l'instant, ni l'un ni l'autre annoncé de vrais programmes, et draguent les électeurs à coup de petites phrases, d'effets d'annonce et de manches, et d'apparition médiatique calibrée destinée à les faire passer pour ce qu'ils ne sont pas, à savoir, deux personnes dévorées par l'ambition prête à tous pour arriver à leur fin, sans savoir ce qu'ils feront du pouvoir qu'ils espèrent se voir confier, donc en ces heures peu réjouissantes pour la politique, un homme politique intègre vient de mourir.
Jean-François Deniau était l'antithèse de ces deux candidats, homme de lettres et d'honneur, humaniste, amoureux de la mer, écrivain talentueux, il a fait de la politique pour défendre des idées (que je ne partageais pas toujours), et oserais-je le dire, défendre une vision, dont celle de l'Europe (il participera à l'élaboration du Traité de Rome). Plusieurs fois ministre, diplomate, ouvert sur le monde, il n'a jamais fait "carrière", ne s'est jamais compromis pour satisfaire une ambition personnelle, démissionnant de l'UDF quand certains de ses "camarades" de parti furent en 1995 élus président de région avec les voix du FN. À ces sombres manoeuvres politiciennes, il préféra retourner sur la mer, et dans l'écriture.
Jean-François Deniau est mort à 78 ans d'un cancer des poumons. Cela ne fera pas la une des journaux, comme pour l'abbé Pierre, pourtant comme lui il était un homme de coeur, de courage et d'idées. Un honnête homme.
mardi 23 janvier 2007
In Mémorian
Adieu Curé je t'aimais bien tu sais
On n'était pas du même bord
On n'était pas du même chemin
Mais on cherchait le même port
jeudi 18 janvier 2007
Philippe Caubère est Grand...
Depuis plus de 20 ans, Caubère raconte sa vie sur les planches. Il y eut d’abord en 81 La Danse du Diable, qui vit la naissance de son double théâtral : Ferdinand Faure. Puis entre 86 et 93 il joua les 11 chapitres du Roman d’un Acteur, fresque démesurée de plus de 33 heures, où seul en scène, dans laquelle il joua tous les personnages et bien d’autres choses encore (téléphone, avion, 2CV, ...). Oeuvre poétique et burlesque, intime et universel, Le Roman d’un Acteur, est un récit amoureux, une plongée dans les mystères de la création artistique, un voyage de l’adolescence à l’âge adulte, et une autobiographie rêvée. Après avoir joué une dernière fois ces spectacles devant les caméras de Bernard Dartigues (ce qui nous permet d’avoir aujourd’hui les 8 premiers chapitres en DVD, et je ne vous dis pas combien j’attends la sortie du dernier coffret) Caubère fit une pause dans la biographie de Ferdinand Faure pour jouer des spectacles sur Aragon (en 96), d’après André Suarès (en 99) ou sur le torero Nimeno II (Recouvre-Le de lumière en 2002).
Mais il n’en avait pas fini avec son double, et il revint sur scène avec six spectacles entre 2000 et 2006, constituant L’Homme qui Danse, évoquant sa mère, 1968 et Ariane Mnouchkine et le théâtre.
Sur scène Philippe Caubère emplit l’espace, nous fait rentrer en quelques minutes dans son univers, rend palpable la multitude de personnages qu’il incarne. Ils prennent vie devant nos yeux grâce à un accent, une gestuelle, un détail, nous oublions alors que Caubère est seul sur une scène vide. Nous voyons les décors apparaitre, Max, Bruno, Clémence, Jean-Claude, Ariane et tous les autres (y compris Dieu) évoluer sous les marronniers de la Cartoucherie, sur la Croisette à Cannes, dans la Cour des Papes à Avignon.
Sur scène Caubère est grand...
... dans Truands moins. Ce n’est sans doute pas entièrement de sa faute. Il lui aurait peut-être fallu un metteur en scène pour le canaliser, pour que cette force brute qu’il insuffle à son personnage ne déborde pas partout, le rendant caricatural, et souvent à la limite du ridicule. Il aurait fallu un réalisateur d’une autre trempe, un qui sache ce qu’il voulait faire de son film, un polar noir, dur, violent, ou une oeuvre melvillienne, épurée, introspective, cérébrale.
Alors, oui je suis déçu. Caubère est trop rare au cinéma (le dernier film dans lequel il a joué était Le Chateau de ma Mère en 89. Il ne me reste plus qu’à attendre la sortie des derniers DVD du Roman d’un Acteur, et qui sait, peut-être un jour, la sortie de ceux de L’Homme qui Danse
jeudi 11 janvier 2007
Stanger Than Fiction
La France aime rire. La France a besoin de rire. Alors, la France produit des comédies pour satisfaire les envies des Français. Comme ces films sont des succès populaires, les distributeurs hexagonaux se disent qu'ils n'ont pas besoin de sortir les films comiques américains, hilarants certes, mais, selon ceux qui pensent à la place des spectateurs, que nous pauvres Français ne pourrions pas comprendre.C'est en raison de cet état d'esprit que Will Ferrell est un quasi inconnu chez nous. Pourtant, il fait partie de la bande de Ben Stiller, surnommée The Frat Pack en référence au Rat Pack de Sinatra, Dean Martin et Sammy Davis Jr., qui comprend Vince Vaughn, Owen Wilson, Steve Carrell, et qui nous à offert quelques-unes des comédies les plus jouissives de ces dernières années, en vrac Starsky et Hutch, Dodgeball, 40 ans et toujours puceau, ou Zoolander.
Will Ferrell, après avoir fait partie du Saturday Night Live, à pour titre de gloire le rôle-titre de Présentateur Vedette: La légende de Ron Burgundy (Anchorman - The Legend Of Ron Burgundy), sommet du portnawak assumé, du délire organisé, du non-sens total, et de la franche rigolade. Improbable bio d'un présentateur de JT de seconde zone; complètement crétin totalement mégalo, entouré d'une bande de bras cassés tout aussi débilés que lui (la palme revenant au personnage de Steve Carell, idiot fini), ce film sorti en catimini en France (huit salles en plein été) mérite d'être découvert en DVD. Rien que pour le grand Will au meilleur de sa forme, qui ne m'a fait plus rie que dans Back To School (malheureusement inédit total en France) lorsqu'il se met à courir nu en pleine rue, hurlant, et pensant être suivi par une foule tout aussi nue que lui. Il faut le voir pour comprendre. J'échangerais toutes les comédies franchouillardes sorties en 2006 contre cette seule scène, ou pour que Talladega Nights: The Ballad of Ricky Bobby, sa dernière comédie; puisse sortir sur nos écrans.
Si vous voulez voir Ferrell sur grand écran, vous pouvez toujours aller voir L'incroyable destin de Harold Crick, ce n'est pas vraiment une comédie, Will y est très sobre, et néanmoins très bon, et le film est plutôt sympathique. Il faut savoir se contenter de ce que l'on nous donne, de toute façon ça ne restera pas longtemps à l'affiche, il va falloir faire e la place pour L'île au Trésor avec Gérard Jugnot.
vendredi 5 janvier 2007
Bilan #4: So Say We All
Quatrième et dernière partie de mon bilan de 2006, avec une orientation très petit écran.Pour commencer Ma Série de 2006: Non il ne s'agit pas de Grey's Anatomy, Prison Break ou Lost. Pas question de parler de R.I.S ou de Louis la brocante. Toutes ces séries ont été des succès d'audience, mais pas une n'arrive à la cheville de Battlestar Balactica. Pourtant au départ ce n'était pas gagné. Faire un remake de la série très kitch et cheap des années 70 n'avait rien d'emballant. Mais c'était sans compter sur Ronald D. Moore, l'une des chevilles ouvrières de la meilleure des séries Star Trek, Deep Space Nine. Avec une équipe de scénariste talentueux, il a réinventé la série, lui a donné une dimension politique, religieuse, et ce qui fait souvent la force des séries de S.F. des résonances avec notre monde. BSG est non seulement une très bonne série de SF, denrée rare à la télévision (non Stargate n'est pas une bonne série de SF), mais aussi une excellente série tout court. La saison deux dépasse tout ce que pouvait nous promettre la saison un.

Ma série en DVD de 2006: Jusqu'au mois de décembre ce titre revenait à Clair de Lune, l'une des meilleures séries de l'histoire de la télé, mais est arrivé le coffret que l'on attendait plus. Alors que toutes les séries semblent avoir droit à des éditions sur support DVD, y compris les plus ringardes (Wonder Woman L(homme qui valait trois milliards, Droles de Dames) il manquait une des séries majeures de l'histoire du petit écran, l'une des rares à pouvoir revendiquer le titre de série culte: Mission: Impossible. Erreur réparée avec la sortie fin 200§ de la première saison de cette série mythique. Saison rarement diffusée à la télévision française, sans doute parce que le chef de l'équipe n'est pas encore Jim Phelps, mais Dan Briggs, cette saison, si elle n'est pas aussi réussie que les deux saisons suivantes, pose les bases du show, et développe des histoires qui 40 ans après leur première diffusion arrivent encore à captiver. Contrairement à d'autres dont l'intérêt s'autodétruit après 15 secondes.