Je n'avais plus envie de parler de Sarkozy. Je n'avais plus envie d'en remettre une couche sur le Président qui ne fait pas Président. J'en avais marre de Sarkozy, point.
Alors, je me serrais bien passé de revenir sur les résultats des élections, la défaite de la droite, enfin pas vraiment une défaite, un rééquilibrage, un signal fort pour poursuivre les réformes, encore plus fort, plus vite. Pas envie de dire du mal de Nadine Morano, la castafiore, la poissonnière, la plus vulgaire des sarkozistes, battue dans les grandes largeurs à Toul, mais qui à gagné un poste de secrétaire d'État. Dire qu'en juin les perdants des législavitses étaient obligés de démissionner, comme ce pauvre Alain Juppé. Pas envie d'en faire des caisses sur notre cher Président, en quête d'attitude présidentielle, avançant seul dans la neige, sur le plateau des Glières. Pas envie de revenir pour une chronique du front de la sarkozie.
Et puis voilà que notre très cher Président a décidé de nommer un observateur de l'internet. Nicolas Princen a été nommé chargé de mission au service internet. En gros il doit parcourir le net à la recherche de "buzz" autour de Nicolas Sarkozy. Il va donc parcourir des milliers de blogs, des milliers de pages internet, des milliers de sites où l'on parle de notre cher Président, en général en mal. Pour quoi faire ? Ce n'est pas bien clair. Pas encore défini.
Alors pour être gentil, pour qu'il justifie de son emploi, je me suis fait violence et j'ai de nouveau parlé de Sarkozy. Une page de plus à parcourir pour M. Princen. Quelques lignes de plus à lire ce n'est pas grand-chose, mais si chacun s'y met, je suis certain que M. Princen aura des journées ben remplies.
À bientôt pour des nouvelles du front de la connerie, un front où nul n'est à l'abri, ni vous, ni moi.
jeudi 20 mars 2008
CFC #11
mercredi 19 mars 2008
Mélancolique
Wes Anderson en 4 films a créé un univers particulier. Un univers un peu décalé, peuplé d'hommes et de femmes un peu fêlés au sens où ils portent tous une fêlure, une blessure, un manque. Presque toujours lié au père. Que ce soit dans Rushmore où un ado trop mature pour son age cherche à la fois l'amour de sa prof et l'affection d'un homme déçu par ses propres enfants, dans La Famille Tanenbaum où un père tente de reprendre sa place dans sa famille après les avoir abandonné, dans La Vie Aquatique où un pseudo Cousteau cherche à venger son père spirituel tout en tentant de se lier avec un fils qu'il ne connaissait pas, à chaque fois la figure paternelle occupe une large place.
Dans Darjeeling Limited le père est absent parce que mort. Il n'est plus question de le trouver, le retrouver, s'en faire aimer. Les trois zigotos, les tris frères qui embarquent pour ce voyage spirituel en Inde, dans ce train improbable, ne sont pas à la recherche d'un père, mais d'une mère. En chemin ils devront aussi abandonner sur le quai le poids paternel pour devenir enfin adultes.
Les films de Wes Anderson sont comme des bonbons acidulés. Plaisant, mais avec un drôle de gout, acide, piquant. S'ils sont drôles, ce ne sont pas des comédies. Ils portent une mélancolie profonde, à peine cachée sous une cocasserie, un regard décalé, un univers anachronique, peuplé de personnages à la marge, de costumes démodés, de situations où le ridicule pointe le bout de son nez, juste pour nous faire oublier un instant que tout ce que nous voyons est bien triste, et que les personnages pourraient, en d'autres lieux, en d'autres circonstances être pathétiques.
Dans les films de Wes Anderson, les personnages ne sont jamais pathétiques, même les pires, sans doute parce que Anderson les aime et les respecte. Tous ces personnages qui ne pourraient pas exister dans le monde réel tant ils sont excentriques trouvent une vérité, une épaisseur dans l'univers d'Anderson.
Quand on sort d'un film de Wes Anderson, il est difficile de reprendre pied dans la réalité. Ils vous poursuivent longtemps, vous accompagnent, et vous font voir, au coin d'une rue, au détour du chemin, un train bleu traversant une Inde fantasmé, un trio de frères traversant la vie en trainant derrière eux un amoncellement de valises Vuiton, un Bill Muray courant à perdre haleine sur un quai de gare.
dimanche 16 mars 2008
Barbare
Les progrès techniques quand ils sont dans de bonnes mains peuvent être une très bonne chose. Robert Zemeckis est devenu un spécialiste de la motion capture, ce procédé qui permet d'enregistrer les mouvements d'acteurs, ainsi que leurs expressions faciales, pour ensuite les utiliser pour "fabriquer" des modèles en images de synthèse. Déjà utilisé par Zemeckis dans Polar Express, et dans le l'excellent Monster House produit par le même Zemeckis, le procédé trouve toute sont utilité dans le magnifique Beowulf.
Adapté de la légende de Beowulf, poème médiéval de référence en Angleterre, considérer comme le plus ancien texte en anglais, Zemeckis utilise les techniques de la motion capture et de l'image synthèse pour créer un univers de fantasy comme jamais il ne nous avait été donné d'en voir sur grand écran. Poussant jusqu'au limite la technique, il s'en sert pour nous entrainer dans une fable sur l'ivresse du pouvoir, la puissance des légendes et la fin des mythes anciens. Au-delà de la prouesse technique, que l'on oublie rapidement, c'est aussi un vrai film barbare, violent, charnel, comme il en existe peu, comme il n'en existe plus. Car même si rien de ce qui est à l'écran n'est vrai, si tout sort des entrailles d'ordinateurs, tout devient crédible en quelques minutes, et les personnages de synthèse prennent une épaisseur en une seule scène. Epaisseur à la fois psychologique, mais aussi physique. Car si l'on peut avoir des réserves sur le réalisme du rendu des personnages (la technique n'est pas encore parfaite), ils existent tous, que ce soient les premiers rôles, comme les "figurants".
Jouant des images de synthèses pour aller au-delà de ce que des acteurs pourraient faire (les combats de Beowulf contre les différents monstres sont des morceaux de bravoure) ou montrer (le vieux roi apparait presque nu, tout en chair, et bourrelets, Beowulf combat Grendel nu, et Angelina Jolie sort dans le plus simple appareil des eaux) Zemeckis porte le scénario de Neil Gaiman et Roger Avary, épopée flamboyante et vraie réflexion sur les légendes, par une mise en scène superbe, traversée par des scènes d'une beauté confondante, des combats grandioses, des décors hallucinants, arrivant à rendre crédible ce Danemark de conte et légende, ces monstres gigantesques et ce héros plus grand que nature.
Dans un cinéma de plus en plus aseptisé, formaté, lisse, les effusions de sang, les allusions sexuelles, et les héros bad ass, ça fait du bien.
vendredi 14 mars 2008
En manque
J'ai une DVDthèque plutôt bien remplie. Sans en être fier, j'en suis content. Elle comporte des films récents et des classiques, des genres divers et divers genres, et selon mon humeur je peux trouver de quoi me satisfaire pour une soirée ciné, mais il y a un mais. Il me manque au moins quatre films.
Le premier est un film de Bergman. Je sais que ça fait toujours bien de citer Ingmar Bergman quand on se veut cinéphile. Je n'ai pas une passion sans borne pour le cinéaste, j'aime bien Les Fraises Sauvages et Le Septième Sceau, mais je ne connais pas le reste de la filmographie du maitre suédois. Je n'ai vu qu'une seule fois Fanny et Alexandre, il y a longtemps, une après-midi cafardeuse, sur Canal. Je devais avoir 14 ou 15 ans. A l'époque je ne me considérais pas comme cinéphile, et ce n'est pas le genre de film qui aurait dû de scotcher devant mon poste. C'est ce qui s'est pourtant passé. Sans que je m'en rende compte, je suis resté pendant les 2 heures et quelques que dure le film. Le souvenir du film m'a longtemps, et d'ailleurs même s'il s'est estompé au fil des ans, accompagné. Il y a quelques années, j'ai cherché à trouver une copie DVD. En vain, les rares qui existent sont en VO sous-titres anglais, et encore elles sont très rares. La sortie d'une bonne partie de la filmographie de Bergman s'est faite sans cet opus. Je suis contraint d'essayer de raviver mes souvenirs qui se font de plus en plus flous.
Deuxième film dont j'espère une édition DVD est La Maladie de Sachs. J'avais lu le livre, puis vu le film en salle, puis relu le livre, puis revu le film en salle, puis relu le livre, puis vu le film à la télé, puis relu le livre, puis revu, et graver sur DVD le film. Pas besoin de faire un dessin pour vous faire comprendre que le livre, comme le film sont des compagnons de route. Je me replonge dans le livre avec régularité, mais j'ai perdu ma copie du DVD et je ne peux, en attendant une prochaine diffusion télévisée, me replonger dans le film. Quand bien même aurais-je encore le film sous la main, j'aimerais une édition DVD avec commentaire de Michel Deville et pourquoi pas de Martin Winckler. Quelques bonus, du genre une histoire du tournage, une explication du travail d'adaptation, bref un vrai DVD, avec tout ce qu'il faut dedans.
Troisième film de cette liste de voeux, Peter's Friends. C'est un film que j'ai vu en salle lors de sa sortie en 1992. C'était l'époque où Kenneth Branagh était un réalisateur en vogue, après son Henry V encensé par la critique et une excursion aux USA pour un polar hitchcokien moyen, il revenait en Angleterre. Après son expérience hollywoodienne peu concluante, il revoit ses ambitions à la baisse et livre un petit film sincère et généreux sur l'amitié. Les films de potes font partie des films que j'apprécie et même s'il n'est pas excempt de défauts, Peter's Friends est à rangé au côté des autres grand films sur l'amitié comme The Big Chill, Un éléphant ça trompe énormément ou Le déclin de l'empire américain. Sauf que je ne peux pas vraiment le ranger aux côtés des ces films puisqu'il n'existe pas de version DVD, du moins pas de version avec sous-titres, ce dont je ne peux pas me passer.
Dernier film de la liste, Le Limier de Joseph L. Mankiewicz. Dernier film du réalisateur, et bijou de manipulation. Le Limier pourrait se ranger dans une autre des catégories de films que j'apprécie particulièrement, le film d'arnaque. Il n'est pas à proprement parlé un film d'arnaque comme L'arnaque, La prisonnière espagnole ou Confidence, mais un film sur la manipulation, les faux-semblants, l'illusion, l'image, la perception des choses. En quelque sorte un film sur tout ce qu'est le cinéma, quand il est bien fait. Porté par deux acteurs Lawrence Olicvier et Michael Caine, il joue avec le spectateur, l'entrainant dans une confrontation psychologique entre les deux protagonistes. Duel dont il est impossible de révéler quoi que ce soit pour ne pas gâcher le plaisir de ceux qui auraient la chance de ne pas l'avoir vu. Pour ce dernier film il existe des copies d'occasion qui se vendent à prix prohibitif. La seule chose que l'on peut espérer c'est que la sortie du remake réalisé par Branagh entraine une nouvelle sortie de ce bijou de cinéma dans une édition DVD digne de ce nom.
Une prochaine fois je vous parlerais des séries qui me manquent en DVD
mercredi 12 mars 2008
La beauté de la peur
N'en déplaise à certain pisse-froid, l'Espagne du cinéma ce n'est pas que Pedro Almodovar. Une vague de réalisateur talentueux a envahi les écrans ces derniers temps, avec comme particularité d'être des cinéastes de genre. Alex de la Iglesias, Macho Cerda, ou encore pas vraiment espagnol, mais au moins hispanisant Alfonso Cuaron et Guillermo Del Toro. Dernier à arriver sur nos écrans, parrainé par Del Toro, Juan Antonio Bayona nous invite à L'orphelinat. Auréolé de 4 Goya (César du cinéma ibérique) et d'un succès populaire sans précédent, ce film prouve une nouvelle fois le talent des cinéastes outre-pyrénéens pour créer des univers envoutants, et des films populaires.
Revenant dans l'orphelinat qui à abrité son enfance pour en faire un centre pour enfants malades, une mère doit faire face à la disparition de son fils adoptif. Refusant sa mort, elle va investir le monde imaginaire de son enfant pour ne pas sombrer dans la dépression.
Jouant sur les figures du film de fantômes et de maison hantée, L'orphelinat est avant tout une plongée dans le monde de l'imaginaire comme refuge contre la dureté du monde. Un peu comme dans Le Labyrinthe de Pan un autre monde celte inquiétant, mais porteur d'espoir devient le moyen de résister à la noirceur de la réalité. Refusant de donner des réponses Bayona mélange explication rationnelle et interprétation paranormale, et laisse au spectateur le choix, croire ou pas, accepter l'idée du merveilleux ou le refuser pour rester les deux pieds sur Terre.
Du cinéma comme oeuvre d'émerveillement et de réflexion, film de genre au service d'une histoire forte et belle, oeuvre populaire (au moins en Espagne) sans effets tonitruants, L'orphelinat prouve une nouvelle fois que c'est dans le cinéma de genre que l'on trouve aujourd'hui les plus belles oeuvres.
lundi 10 mars 2008
C'est ton destin
Dans la longue liste des comédie US qui ne sont parvenues jusqu'à nous que par la grace du DVD (et d'une indigne sortie technique) voici Tenacious D. in The Pick of Destiny. Vous n'avez jamais entendu ce titre, c'est normal, il y a quelques semaines j'étais dans la même situation, mais grâce à Dahan, avant qu'il s'en aille faire son film, mon ignorance a été réparée, et j'en suis bien content.
Sous ce titre à coucher dehors par temps de pluie se cache une comédie jouissive menée par l'excellent Jack Black. Comme en leurs temps The Blues Brothers, duo crée pour le Saturday Night Live, puis était devenu un vrai groupe, avant de devenir un film culte, Tenacious D. a été imaginé par Jack Black pour le SNL avec son pote Kyle Glass. Le duo a eu tant de succès qu'il s'est produit sur scène, et a franchi le pas du grand écran.Ceci étant dit, il n'est pas besoin de connaitre toute l'histoire de Tenacious D. pour apprécier le film.
Deux losers magnifiques, amateur de gros rock qui tache et d'envolée lyrique à la guitare électrique, se rencontrent et forment un groupe Tenacious D., le nom venant des deux marques de naissance qu'ils portent sur le postérieur. Le succès tardant à venir, ils décident de se lancer dans la quête du pick of Destiny, médiator forgé à partir d'une dent du diable, et qui assure gloire et richesse à celui qui s'en sert.
Porté par l'énergie d'un Jack Black au meilleur de sa forme, The Pick of Destiny est à la fois une comédie musicale, une comédie tout court, et une épopée épique. Histoire d'amitié et de glande, réflexion sur les mystères de la création artistique et éternelle histoire de la lutte entre le bien et le mal, le film est un grand n'importe quoi hilarant et jouissif qui culmine avec un combat musical avec le diable en personne.
Dans la lignée des comédies de Will Ferrel, la musique en plus, Tenacious D. est une nouvelle fois la preuve que les comédies US peuvent être subversives, créatives et hilarantes.
vendredi 7 mars 2008
Rêver, peut-être
Je n'aime pas trop raconter mes rêves. Essentiellement parce que je trouve qu'il n'y pas plus chiant que les rêves des autres. La phrase n'est pas de moi, je l'ai entendu dans un spectacle de Philippe Caubère. Il m'arrive de temps en temps, quand ils sont cocasses, qu'ils mettent en scène des gens que je connais, et qu'ils me font rire de les partager. Celui que j'ai fait la nuit dernière met en scène des gens que je connais, et plutôt cocasse, mais au final ne me fais pas du tout rire. Il m'obsède depuis qu'il m’a réveillé vers 4 heures. Pour essayer de me débarrasser de cette angoisse, de ce drôle de sentiment qui me colle à la peau et dont je n'arrive pas à me défaire, même en m'occupant les mains et l'esprit, je vais vous le raconter.
Tout commence, enfin du plus loin que j'arrive à me souvenir du rêve dans un kiosque à journaux tenu par un de mes collègues de travail. Je m'y suis arrêté pour acheter un magazine, et mon collègue me demande si je peux surveiller le kiosque pendant qu'il va faire une course. Je suis un type sympathique et donc je dis oui. Je m'installe dans le kiosque, qui ressemble à un aquarium, il est entièrement vitré, il y a peu de journaux, et pendant que je lis mon magazine en attendant le retour du collègue, personne ne s'arrête pour acheter quoi que ce soit. La nuit tombe et je suis toujours seul dans l'aquarium, je lis toujours. Je finis pas m'inquiéter de l'absence de mon collègue, et sors pour le chercher. Justement, je l'aperçois au coin de la rue. Je lui cours après pour lui dire que j'ai laissé son kiosque sans pouvoir le fermer. Il rentre dans un immeuble, je rentre à sa suite, mais je ne le vois plus, je monte un escalier à grand-peine et me retrouve devant la porte de la maison de mes parents.
Je rentre, il y a du monde autour d'une grande table. Ma mère me voit et me dit qu'elle est heureuse de me voir, tout le monde attendait que j'arrive pour pouvoir commencer. Elle m'installe avec les autres convives. Ils parlent fort, ils boivent, ils mangent, ils rient. C'est l'anniversaire de mon père. Il a 60 ans. Je suis content et je bois avec les autres. Puis je me retrouve seul avec mon père. Il est assis à côté de moi, il a passé son bras autour de mes épaules, un geste qu'il n'a fait que très rarement. Il me dit qu'il est content que je sois venu, mais qu'il faut que je parte, je suis attendu. Il me désigne une jeune femme debout en face de nous, une jeune femme qui ressemble énormément à Clotilde Hesme.
Je pars avec la jeune femme qui ressemble furieusement à Clotilde Hesme. Elle me dit que l'on va être en retard pour le concert. C'est un concert juste pour les employés du restaurant, mais elle a réussi à me faire rentrer. Je la remercie, et nous nous retrouvons dans une salle de restaurant vide. Les lumières tamisées n'éclairent que quelques tables et une scène. Une chanteuse de jazz s'installe derrière un micro. La jeune femme qui ressemble bizarrement à Clotilde Hesme et moi nous installons juste devant la scène. Je n'entends pas ce que chante la femme sur la scène, je ne sais même pas de qui il s'agit, mais elle fait pleurer la jeune femme qui ressemble admirablement à Clotilde Hesme. J'essuie la larme qui coule sur sa joue, elle pose sa tête sur mon épaule et nous continuons d'écouter sans l'entendre la chanteuse anonyme. C'est un moment parfait qui est interrompu par un bruit étrange et un tremblement. Nous sortons et nous retrouvons au coeur de Bordeaux, place Gambetta. Dans le ciel deux trainées enflammées illuminent la nuit. Je n'ai pas besoin de réfléchir longtemps pour comprendre ce qu'il se passe. Je hurle en me tournant vers la jeune femme qui ressemble diablement à Clotilde Hesme, mais elle a disparu, je ne vois qu'un champignon atomique s'élever dans le ciel. Je tombe à genou et me recroqueville sur le sol. Je me dis qu'il n'est même pas question de courir, de lutter, la mort va venir me prendre, tout simplement, là sur le bitume, le souffle de l'explosion va m'emporter et je vais enfin savoir s’il y a quelques après. Je reste un moment prostré à attendre ma mort, avant de relever la tête, il y a plus rien autour de moi qu'un blanc éclatant... puis le noir de ma chambre quand je me réveille.
jeudi 6 mars 2008
Déjà vu
C'est l'histoire d'une élection. Une élection aux USA. Une élection présidentielle aux USA. Elle commence par des primaires. Du côté républicain les choses tournent vite en faveur d'un candidat certes âgé, mais plein d'expérience, sénateur blanchi sous la coupole du Capitole et assurément très fort en campagne. Un seul problème pour lui, il peine à convaincre les plus radicaux dans son parti. Il est considéré par certains comme trop libéral. Cela ne l'empêche pas de remporter les primaires face à son seul sérieux rival, un pasteur.
Dans le camp démocrate, les choses sont un peu plus compliquées. Le candidat "officiel" s'il fait la course en tête lors des premiers scrutins se fait vite rattraper par un candidat sorti de nulle part, ayant peu d'expérience à Washington, et qui plus est issu d'une minorité. Pourtant, les primaires démocrates se jouent au coude à coude et la convention du parti va pour la première fois depuis longtemps être décisive.
Cette histoire vous semble familière. C'est normal, en plus d'être le scénario des primaires américaines qui se jouent en ce moment, c'est la trame de la saison 6 de The West Wing. Dans la série Matt Santos, le candidat latino, emportait la nomination du parti démocrate et l'élection présidentielle face à Arnold Vinick, le vieux républicain fin politicien. Est-ce de bonne augure pour Barak Obama ?
mercredi 5 mars 2008
Gé-né-ro-si-té
Il y a peu, je me plaignais d'une certaine tendance du cinéma français à ne pas être généreux, à ne pas faire des films pour le public, mais pour un club, une élite, pour son nombril. Dernièrement, j'ai eu le droit à deux films généreux, dans des genres et avec un talent différents.
Comédie de l'année pour Canal (après avoir accordé ce titre à Asterix), grosse promotion tout azimut, même France Inter s'est penchée sur le film avant sa sortie nationale, Bienvenue chez les ch'ti, n'avait pas une chance de m'attirer en salle. Mais je suis en vacances, j'ai du temps, et donc j'y suis allé. Bon, soyons tout à fait clair, Danny Bonn n'est pas une grand metteur en scène, ce n'est pas un metteur en scène du tout. Le film est plan-plan, juste au dessus de la qualité d'un téléfilm. Mais le propos n'est pas là. Il n'est pas dans son scénario, assez bateau, et très prévisible. Ce qui le sauve à mes yeux, c'est que Danny Boon y a mis son coeur, son amour pour une région et ses habitants. Il filme (mal) à hauteur de ces hommes et femmes, sans juger, mais sans non plus en faire, comme le ferrait un Pernaut, des "héros" d'une France perdue, les tenants d'une tradition rassie. Il aime le Nord, la culture, la langue, mais ne la place pas au dessus des autres. Il ne dit pas que les ch'tis sont meilleurs, plus sympathiques, plus ouverts. Il dit simplement qu'il les aime, et ça se sent. Le film est sincère dans sa démarche, même s'il est maladroit dans sa réalisation. Ce n'est pas un grand film, mais un petit, honnête et généreux.
Nouveau film de Michel Gondry, Be Kind, Rewind (Soyez sympa, rembobinez), est une déclaration d'amour au cinéma, à ceux qui le font et à ceux qui l'aime. Certain pourraient voir dans cette histoire de bras cassé (Jack Black dont je vous recommande le petit inédit DVD Tenacious D. in The Pick of Destiny et Mos Def) refaisant les hits du cinéma avec trois bout de ficelle, et rencontrant le succés, une façon de dire que le cinéma est fini, et qu'il suffit d'un caméra et des costumes en carton pour égaler, voire dépasser les plus grand films, les plus grands succés. C'est tout autre chose qu'il y a dans ce film. Il s'agit de parler de la capacité d'émerveillement que procure le cinéma quand il est fait avec sincérité, amour, et générosité. Gondry aime le cinéma, et il aime en faire. Il y a dans sa démarche une passion pour le cinéma comme instrument d'émerveillement. A la façon des illusionnistes, l'important ce n'est pas le truc, parce qu'il y a un truc, mais la magie que l'on arrive à faire passer au travers du truc.
En cela Gondry ne dit pas que tout le monde peut faire du cinéma, mais que si on donne une caméra à un novice cela donnera quelque chose de différent, pas mieux, pas moins bien, différent.
Gondry replace également le cinéma dans son rôle de lien social. Que ce soit dans une salle comme spectacle collectif, ou en dehors, comme une référence commune. Nous avons vu tout ou partie des films "suédé" par Gondry, et il suffit d'une scène pour nous en souvenir, et rire de la façon dont les deux bras cassés les traitent.
Comme les précédents films de Gondry, celui-ci est empreint d'une poèsie toute particulière, et d'un caractère foutraque mais diablement inventif.
lundi 3 mars 2008
Et maintenant, une page de publicité
Même s'il y a longtemps que je n'y suis pas allé, je fais encore partie de Le Village. La preuve, un article sur Amicalement Votre publié il y a quelques jours.
Mais il n'y à pas que moi, et heureusement dans le cas contraire le site ressemblerait à une vill fantome, qui écrit sur le site. Dernièrement les visiteurs ont pu lire un dossier sur Russel T Davies (Doctor Who, Queer as Folk). Un article sur les Monty Python après le Flying Circus.
Il s'en passe des choses à Le Village.
mercredi 27 février 2008
Sang noir
C'est un vrai film. C'est du vrai cinéma. Celui qui raconte des histoires. Celui qui dit des choses. Celui qui donne à voir.
Le titre s'inscrit en lettre gothique sur l'écran, There Will Be Blood. Comme une promesse. Une prophétie ? Des bruits de pioche. Des étincelles. Une mine. Un homme seul. Daniel Day Lewis qui sera de chaque scène, de presque chaque plan. Une présence. Un charisme. Un personnage que l'on ne trouve qu'au cinéma. Un homme comme la légende américaine les aime. Le self-made-man dans toute sa splendeur, et toute son horreur. Parti de rien, du fond du trou, littéralement du fond du tour, pour arriver... pour finir... ailleurs, dans un autre trou. Entre la mine du début et la fin il y aura eu le pétrole. L'or noir qui a façonné une certaine Amérique, qui a façonné l'idée du capitalisme.
Après la fièvre de l'or tout court qui agita les États Unis naissants, c'est une autre fièvre qui traverse ce film. Celle du pétrole. Et aussi celle de Dieu. Parce que le personnage de Lewis qui ne croit qu'en l'argent, et qui trouve dans le pétrole le moyen d'en amasser, rencontre sur sa route un homme qui ne croit qu'en Dieu pour lui aussi arriver à ses fins. Un prédicateur contre un entrepreneur. Deux aspects d'une imposture. Car si les deux se veulent des bienfaiteurs de l'humanité, serviteur de l'âme pour l'un, pourvoyeur de richesse pour l'autre, au final ils ne servent qu'eux-mêmes, et leur ambition. Ils vont s'affronter, ils vont se confronter, ils vont s'humilier, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un.
There Will Be Blood sous des dehors de fresque sur fond de pétrole, d'épopée dans l'Amérique du début du siècle, est une nouvelle introspection de l'Amérique. De cette Amérique partagée entre la folie de l'argent et la folie de Dieu. Un drame intime d'un homme qui ne rêve que d'une chose, avoir assez d'argent pour vivre loin des hommes. Un portrait cruel des promesses non tenues. Celle de la rédemption dans le giron de l'Eglise. Celle d'un pays de cocagne où tous les rêves les plus fous peuvent se réaliser. Car au final, il n'y a pas de salut, ni dans Dieu, ni dans l'argent. Et l'ultime confrontation entre les deux hommes ne donne pas de vainqueur.
mardi 26 février 2008
Vide et vidé
Les jours se suivent et se ressemblent dans les salles obscures. Après le très décevant Paris, voici le très nul Cloverfield. Bon cette fois-ci j'étais prévenu, mais comme saint Thomas, je ne crois que ce que je vois. Tant pis pour moi, ça m'apprendra à être curieux.
Il y a deux façons d'aborder Cloverfield. Soit on y voit un nouveau film de monstre style Godzilla. Soit on l'aborde par l'aspect formel du projet. Quel que soit l'angle d'attaque, il n'y a pas grand-chose à en tirer. En tant que nouveau film de monstre, Cloverfield, n'apporte pas grand-chose. Une grosse bébette bien méchante, arrivée de nulle part, à moins que ce soit d'ailleurs, attaque New York, décapite la statue de la Liberté et comme le World Trade Center est déjà à terre, elle fait tomber l'Empire State Building. Dans la rue des gens hurlent, courent, l'armée est dépassée, et un groupe de copains tente de survivre. Rien d'original vous en conviendrez.
Si l'on prend le côté formel, il y a plus à dire. JJ Abrams producteur malin de Alias et Lost a eu la bonne idée de recycler Youtube au cinéma. A l'heure où tout le monde ou presque possède une caméra numérique et peut donc filmer tout et n'importe quoi avant d'en faire profiter le monder entier grâce aux plateformes de partage sur l'internet, il part du principe que si New York était attaqué, il y aurait bien un petit malin pour suivre tout cela avec une DV. Nous voilà donc embarqués avec un cameraman amateur et donc maladroit. La caméra bouge dans tous les sens, filme à l'arrache, cadre n'importe comment. Et ça marche. 10 minutes. Passée la surprise de l'attaque, les premiers instants de panique vécus de l'intérieur, le procédé tourne à vide. Et le film avec. Parce que l'idée à des limites (pas de montage, pas de mise en scène, une action tributaire de ce que peut filmer la DV), et qu'au lieu de les assumer Matt Reeves (le vrai réalisateur) les contourne (utilisation d'écran de télé pour apporter des infos), s'en fout (le monstre est toujours là où vont les acteurs), et au final tout cela n'est plus qu'un gadget. Le pire c'est que le procédé se retourne contre le film, puisqu'il désarmorce la tension et le spectaculaire, sans pour autant créer une vraie empathie envers les victimes. Les personnages ne sortant jamais de leurs caractéristiques (le jeune premier, le bon copain, la fille au caractère trempée...) et restent jusqu'au bout des silhouettes unidimensionnelles auxquelles on ne s'identifie pas.
C'est barbouillé, à deux doigts de vomir que l'on ressort de la salle. La tête vide et l'estomac sur le point de l'être.
Et en plus, on nous promet une suite. Préparez les sacs à vomi.
lundi 25 février 2008
Vide
Il faut défendre les grands films malades. Il faut aussi de temps en temps dire quand ils sont trop malades pour être sauvés.
Pourtant, en voyant l'affiche de Paris puisque c'est du dernier Klapisch qu'il s'agit, donc en voyant l'affiche on pouvait croire, espérer en avoir pour son argent. Imaginez: Binoche, Duris, Luchini, Dupontel, Cluzet, Viard, et bien d'autres encore, et pas que des tocards. Un casting à faire rêver. Mais avec les meilleurs acteurs du monde, si on n'a pas de scénario, pas d'histoire à raconter, pas de point de vue à partager, bref si à tous ces acteurs on ne leur donne pas du grain à moudre, on n’en fait rien, ou si peu.
Oui c'est beau un générique comme celui-ci, mais pour faire quoi ? Raconter le vrai Paris, nous montrer les vrais gens. Parce que bien sûr tous les vrais gens de paris habitent dans de beaux appartements avec vue sur la Seine, le Père Lachaise, ou la Tour Eiffel, qu'ils soient danseur malade, prof de fac, architecte, ou étudiante. Passons. Ce n'est pas le sujet.
Le sujet, c'est que justement il n'y en a pas. Un danseur malade qui observe la ville et ses habitants, leur invente des histoires, c'est que nous vendait plus ou moins la bande-annonce. Belle idée. Mais voilà, elle n'est pas dans le film. Et le danseur malade se contente de poser devant sa fenêtre en regardant passer les jours et les saisons. Pas très excitant comme idée. Encore lui il a un rôle à défendre, des dialogues, un semblant d'épaisseur. C'est normal, Duris est l'acteur fétiche de Klapaisch. Pauvre Viard qui doit se contenter de trois scènes ridicules. Pauvre Cluzet qui malgré tout son talent, et il en a, n'a rien pour faire vivre son personnage qui ne fait que passer, sans exister. Ils sont nombreux dans ce cas à ne faire que passer, sans rien dire ou si peu, un petit tour et puis c'est tout. Un petit cliché et puis s'en va. Comme Julie Ferrier qui meurt sans raison, sans que l'on ait eu le temps de s'attacher un peu à son personnage pour que cette mort nous fasse ressentir un petit quelque chose. On passe devant son corps sans vie comme les autres personnages du film, en se disant que c'est triste et en l'oubliant deux secondes plus tard.
Klapisch enfile les clichés, les personnages unidimensionnels, les scènes sans arriver à faire un film. Sans arriver à trouver quoi dire, quoi nous dire. Encore un film choral avec un beau casting, mais qui tourne à vide.
dimanche 24 février 2008
Et le César #7: T'en fait pas Clotilde, je t'aime quand même...
Voilà, la 33e cérémonie des César est passée, et comme d'habitude, je vais râler, et critiquer les choix de l'académie. Mais avant que je me lache....
....Voici le palmarès presque complet.
César du Meilleur film
La Graine et le mulet
César du Meilleur réalisateur
Abdellatif Kechiche
César du Meilleur acteur
Mathieu Amalric
César de la Meilleure actrice
Marion Cotillard
César du Meilleur acteur dans un second rôle
Sami Bouajila
César du Meilleur jeune espoir masculin
Laurent Stocker
César du Meilleur jeune espoir féminin
Hafsia Herzi
César de la Meilleure actrice dans un second rôle
Julie Depardieu
César de la Meilleure première oeuvre
Persepolis
César du Meilleur film étranger
La Vie des autres
Bon, je pourrais me la péter en faisant remarquer que j'avais prédit la plupart des trophées décernés lors de cette cérémonie. Mais bon, comme ce palmarès ne me plait pas trop, je ne vais pas le faire remarquer. Bien sûr Amalric, Stoker, Bouajila ont eu leur trophée. C'étaient mes coups de coeur, et ça me fait plaisir. Mais Clotilde Hesme n'a rien eu, Isabelle Carré non plus, mais difficile pour elle de faire le poids face au rouleau compresseur Cotillard, et puis surtout, l'Académie à encore une fois choisi une certaine idée du cinéma d'auteur, une idée qui est de plus en plus éloignée de la mienne. Celui qui laisse le public sur le bord de la route, celui qui ne vibre pas, celui qui a oublié que le cinéma est un art certes, mais un art populaire. La Graine et le Mulet est un film long, chiant, austère, et Abdélatif Kechiche un réalisateur surestimé. À côté de lui se trouvaient deux réalisateurs, Dahan et Shnabel, qui ont fait, chacun dans leur genre, un film d'auteur, avec un style, des idées, un point de vue, et surtout, une générosité. Car c'est ce qui manque au film primé. Car sous des dehors de film humaniste, filmé à hauteur d'homme, c'est un film sans enjeu, sans envie, prévisible, et au bout du compte sans âme.
Ce palmarès était prévisible, quand, dès les nominations, était absent un des films les plus généreux de l'année passée, Les Chansons d'Amour.
vendredi 22 février 2008
Et le César....#6: The Best
Presque fin de la série: "Amusons nous avec les César", voici les deux catégories majeures en commençant par le MEILLEUR REALISATEUR dont voici les nominations:
Olivier Dahan pour La Môme
Abdellatif Kechiche pour La Graine et le Mulet
Claude Miller pour Un secret
Julian Schnabel pour Le Scaphandre et le Papillon
André Téchiné pour Les Témoins
Abdellatif Kachiche ou Olivier Dahan. Le chouchou de la critique, le chef d'oeuvre de la fin de l'année passée selon une bonne partie de la presse, ou le carton populaire du début de l'année dernière. Difficile de faire un pronostic. Est-ce qu'après une année cinéma d'auteur au César 2006, allons nous assister à un retour vers un cinéma plus grand public ? Je n'arrive pas à choisir. C'est facile me direz vous. Mais je n'ai jamais dit que j'étais courageux.
Quoi qu'il en soit, si les votants n'arrivent pas comme moi à choisir, j'aimerais qu'ils songent sérieusement à Julian Schnabel. Entre les deux tenants d'un certain classicisme, volià un réalisateur qui ose, et qui réussit son coup.Les nominés pour le César du MEILLEUR FILM sont:
La Môme d'Olivier Dahan
La Graine et le Mulet d'Abdellatif Kechiche
Persepolis de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud
Le Scaphandre et le Papillon de Julian Schnabel
Un secret de Claude Miller
Je pourrais faire un copier-coller e ce que je viens d'écrire un peu plus haut. Ce que je ne ferais pas. Je me contenterais de râler un peu, pour changer, et déplorer l'absence d'un des grand film de 2007, Les Chansons d'amour, à part Clothilde Hesme, Louis Leprince-Ringuet, et quelques nominations techniques, il est absent de cette selection, c'est injuste, et je le dis haut et fort.
Prochain et dernier épisode après la cérémonie, donc dimanche ou lundi, pour comparer mes pronostics, mes coups de coeur avec le palmares, et bien sûr, raler un peu...
mercredi 20 février 2008
Vous aimez les séries...
... moi aussi.
Comme nous sommes plusieurs dans cette situation de quasi dépendance aux fictions télé, certains petits malins ont eu l'idée d'écrire des bouquins sur le sujet.
Martin Winckler et Marjolaine Boutet reviennent en deuxième année avec L'année des Séries 2008, panorama assez complet de ce que la télévision nous a proposé de meilleur, et parfois de pire au cours de l'année écoulée, que ce soient les séries US, françaises, britanniques ou autre.
Dans un autre style, mais tout aussi intéressant, Séries TV, pourquoi on est tous fans, aux Editions Edysseus. Analyses parfois très poussées, aperçu historique, reflexion sur le genre, ce livre est comme le précédent écrit par des amateurs, des passionés, des vrais passeurs. Et je ne dis pas ça juste parce que je connais très bien l'auteur du premier chapitre...
lundi 18 février 2008
Et le César... #5: Mademoiselle, Monsieur
Avant-dernier épisode de la série : "Les César, c'est chouette", avant l'ultime rendez-vous pour le meilleur réalisateur, et le meilleur film, voici donc les nominés pour le César du MEILLEUR ACTEUR:
Mathieu Amalric dans Le Scaphandre et le Papillon
Michel Blanc dans Les Témoins
Jean-Pierre Darroussin dans Dialogue avec mon jardinier
Vincent Lindon dans Ceux qui restent
Jean-Pierre Marielle dans Faut que ça danse !
Deux options dans cette catégorie, soit les votants récompensent la durée, l'expérience, et un des derniers monstres sacrés du cinéma français, Jean-Pierre Marielle, en plus ça fera plaisir à son copain Rochefort, président de cette soirée. Soit les "académiciens" se tournent vers la performance d'un jeune acteur, Mathieu Amalric, parfait dans Le Scaphandre et le papillon.
Si tout cela ne tenait qu'à moi, ce qui n'est malheureusement pas le cas, Amalric repartirait avec le trophée sous le bras. Mais, je ne sais pas pourquoi, je pense que le César finira entre les mains de Marielle.Passons maintenant aux nominations pour le César de la MEILLEURE ACTRICE :
Isabelle Carré dans Anna M
Marion Cotillard dans La Môme
Cécile de France dans Un secret
Marina Foïs dans Darling
Catherine Frot dans Odette Toulemonde
C'est sans doute la catégorie où le pronostic est le plus facile. Depuis un an, depuis que j'ai vu La Môme j'ai la certitude que Marion Cotillard remportera le César. Performance spectaculaire, interprétation magistrale, et nomination aux Oscar. Comment peut-elle partir bredouille ?
Mais moi malgré toutes les qualités d'actrice de Cotillard, malgré sa performance, mon coeur penche, et penchera toujours je le pense, du côté de Isabelle Carré. Ce n'est pas objectif je sais, je suis sous son charme depuis son premier film et je l'ai déjà dit ici. Tant pis pour les autres, il n'y a qu'Isabelle qui compte.
dimanche 17 février 2008
Voilà, Opération Frisson c'est terminé...
Eh oui, une nouvelle fois le mois de février nous apporte de mauvaises nouvelles. Bien sûr il faut beau et le nain président chute dans les sondages, mais Roy Sheider est mort, The Hobbitt est en danger et la pire de toutes les mauvaises nouvelles c'est celle qui est tombée vendredi 15, la fin d'Opé F.
Ce n'est pas parce que la direction de Cinécinéma en a eu assez des pitreries de Dahan et de ses critiques sans concessions sur les films en salle ou sortant en DVD. Non, si Opé F. s'en va, c'est parce que le chauve toulousain va faire du cinéma. Oui, le critique en a eu marre de dire du mal des films des autres, et il a passé le cap. C'est bien pour lui. Mais triste pour moi.
Fini les "Bonjour et bienvenue" tonitruants, fini les titres d'émissions idiot comme "Le retour des Yakayo", "Aujourd'hui c'est hot saucisse", "Vas y que je t'embabouine...", "Plus c'est con, plus c'est bon...", "Mieux vaut rire comme une baleine, que pleurer comme une madeleine...", ou encore "Au cinéma les hommages, c'est comme s'envoyer un cassoulet de Castelnaudary gorgé de saucisses. Au début ça fait toujours plaisir, mais une fois la nuit tombée, on comprend vite qu'on s'est fait prendre en traitre..". Fini les "give me de DVD, you punk mother fucker". Bref finit la seule émission (avec Groland) que je ne peux pas rater sans avoir mal au cul.
Au-delà de la rigolade, si je n'ai pas besoin de Yannick pour aller voir les films de Peter Jackson, Guillermo Del Toro ou des frères Cohen, qui va me dénicher des inédits DVD improbables, qui va me faire découvrir les nouveaux Nacho Cerda, Alfonso Cuaron ou Simon Pegg dont j'ignorerais presque tout si le brave Dahan ne s'était pas escrimé à longueur d'émission à défendre ces réalisateurs et scénaristes. Je lui dois également la découverte de Will Ferrell, et pour ça je lui en serais éternellement reconnaissant. Opé F. (et ses émissions précédentes) défendait un cinéma généreux, honnête, sincère, modeste, jamais cynique bref le vrai cinéma de genre tel que je l'aime.
Bon, bien sûr il n'a pas réussi à me convertir au culte de Steven Seagal, mais peut-on vraiment lui en vouloir ?
Voilà, Opération Frisson, c'est définitivement terminé. Salut Dahan, je t'aimais bien, et j'ai versé une larme (soyons honnête plusieurs) en regardant la dernière, et même si c'est parce que ce soir là, après une semaine de merde, fatigué comme jamais, épuisé nerveusement, à deux doigts du gros nervous breakdown, j'étais plus proche de la grosse otarie bourrée à la bière que de mon état normal, cette larme (d’accord, ces nombreuses larmes) était sincère. Oh Yeah!
P.S. Pour tous les intoxiqués, tous ceux pour qui la rupture est trop douloureuse, une seule adresse L’antre de Dahan, avec presque toutes les émissions disponibles en téléchargement.
mercredi 13 février 2008
Il n'ira plus voir Syracuse
Dans le soleil et dans le vent,
De temps en temps le cœur chancelle...
Y a des souv'nirs qui s'amoncellent...
Et je m'en vais clopin-clopant
En promenant mon cœur d'enfant...
Comme s'envole une hirondelle...
La vie s'enfuit à tire-d'aile...
Ça fait si mal au cœur d'enfant
Qui s'en va seul, clopin-clopant...
John is back
Les trentenaires comme moi se souviennent avec plus ou moins d'émotion de deux figures emblématiques du cinéma des années 80: Rocky et Rambo. Dans cette décennie qui a vue l'émergence du néoconservatisme américain incarné par le président Reagan, ces deux icônes populaires furent très vite récupérées par les tenants de la droite dure pour en faire des étendards de l'Amérique triomphantes. Rocky en symbole de la réussite individuelle, du self-made-man, bref du modèle de l'homme des années 80 et Rambo en symbole de l'Amérique triomphante ayant oublié les années de honte qui suivirent le traumatisme du Vietnam. C'est oublier qu'à l'origine ces deux héros n'étaient pas ce que les suites cinématographiques en firent , ils furent vidés de leur substance. Souvenez-vous que Rocky perd son combat contre Apolo, et que Rambo, vétéran du Vietnam brisé est traqué par des américains.
20 ans après, Sylvester Stalone est revenu sur ces deux personnages qui ont fait sont succés, et leur rend enfin tout ce qui fit que nous, que je les ai aimés. Après avoir rendu son nom à Rocky l'an dernier dans Rocky Balboa, justement salué par la critique, bien qu'un peu boudé en France par le public. Cette fois-ci c'est Rambo qui gagne un prénom avec John Rambo, retour aux sources, et chant du cygne pour le personnage.
John Rambo est un homme revenu de tout, qui a perdu le peu d'espoir et de foi en l'humanité qui pouvait lui rester. Cette dernière mission, en Birmanie, pour sauver un groupe de missionnaires, ne va pas lui faire reprendre confiance en l'homme, même si au final, la seule personne qu'il sauvera vraiment, porte, contre vents et marées, et après avoir traversé l'enfer, l'espoir que l'homme peut être bon, et que nous ne sommes pas condamner à passer nos vies à nous entretuer. Rambo, retrouve les réflexes acquis pendant la guerre, et redevient la machine à tuer que l'armée à fait de lui. Il n'est pas un barbare, un être né pour tuer. Ce qu'il est, ce n'est que ce que nous pourrions tous être. Il n'est que notre côté noir et violent poussé à l'extrême, par les circonstances, par le milieu, par obligation. Il est notre mauvaise conscience, celui qui à mis les mains dans le sang, et doit vivre avec, celui qui a accompli les basses oeuvres du gouvernement, et que l'on regarde de travers parce qu'il nous dégoutte, parce que nous savons, au plus profond de nous, que nous aurions pu être comme lui si nous avions été confrontés a ce qu'il a vécu.
John Rambo n'est pas une apologie de la doctrine de Bush, comme certains l'on dit, mais un regard lucide sur ce qu'est notre monde où la guerre, la violence, la barbarie est une réalité. Triste réalité. Sinistre réalité. Mais réalité tout de même.
John Rambo est certes moins réussi que Rocky Balboa (sans doute parce que le personnage est moins proche de Stalonne) mais reste un film honnête, sincère, qui ne cherche pas à être autre chose que ce qu'il est, un film de guerre, assume son discours, et respecte ses personnages. C'est déjà beaucoup.
lundi 11 février 2008
Et le César...#4: Secondaire
C'st une drôle de catégorie que celle du meilleur second rôle. Cette dénomination inclus une sorte de hierarchie, alors que Best Supporting Actor, ça ne fait pas la même chose.
Bon, quoi qu'il en soit, les 5 nominés pour le César du MEILLEUR SECOND ROLE FEMININ sont
Julie Depardieu dans Un secret
Noémie Lvovsky dans Actrices
Bulle Ogier dans Faut que ça danse !
Ludivine Sagnier dans Un secret
Sylvie Testud dans La Môme
Actrices confimée ou jeune garde. Nouveau César pour Julie Depardieu ou Nouveau visage pour la récipendiaire ? Difficile pour moi de juger, n'ayant vu qu'un seul film dans le liste de ceux nominés. En l'occurence La Môme. Et franchement, Sylvie Testud ne m'a pas laissé un souvenir impérissable. Donc pour cette catégorie, que ce soit pour le pronostic et mon césar perso, je sors mon joker.
Passons à la liste des nominés pour le César du MEILLEUR SECOND ROLE MASCULIN
Sami Bouajila dans Les Témoins
Pascal Greggory dans La Môme
Michael Lonsdale dans La Question humaine
Fabrice Luchini dans Molière
Laurent Stocker dans Ensemble, c'est tout
J'ai déjà fait part de ma préference pour Laurent Stocker pour le César du meilleur espoir. Là les choses sont un peu différente. Il y a de vrai pointure dans la compétition, et il risque de ne pas faire le poid. Luchini pourrait bien l'emporter grace à son rôle de M. Jourdain dans le Molière. Il n'a pas fait son numéro habituel, et dans un film boiteux, bancal, pas raté mais pas réussi, il s'en ai sorti avec talent.
Pour ma part, j'ai toujours eu un faible pour Sami Bouajila. Je ne l'ai pas vu dans Les Témoins, et en toute mauvaise foi, sans avoir pu juger de son interprétation dans ce film, je lui décerne mon César.
mercredi 6 février 2008
Coup de balai au cafard
Si vous êtes déprimé en ce début de mois de février, si tout vous insupporte le temps qu'il fait et celui qui passe, vos collègues, si vous avez le cafard, si vous râlez à longueur de journée, si vous êtes fatigué avant même d'avoir quitté votre lit. Bref si comme moi en début d'après-midi vous n'avez pas le moral et que vous ne rêvez que d'une chose, disparaitre de la surface de la Terre pour être enfin tranquille, attendez un peu avant de mettre la tête dans le four et allez voir Juno.
C'est un film qui commence mal. Une lycéenne découvre qu'elle est enceinte. Elle n'avait pas prévu ça et après un troisième test positif, elle décide de se pendre... avec un ruban de réglisse. Juno renonce à son acte en mordant à pleine dent dans son morceau de réglisse avant d'appeler sa meilleure amie pour lui annoncer la nouvelle. Celle-ci avant de s'inquiéter de l'état de sa camarade se demande comment elle a pu pisser sur trois tests de grossesse. Deux scène et le ton est donné. Car nous ne sommes pas devant un téléfilm sociétal du service public. Loin de là, pas de poncifs, pas de clichés. Exemple : les parents de Juno ne vont pas hurler à la mort, ils vont prendre avec flegme, et humour l'annonce qui leur est faite.
Juno est une jeune fille qui si elle est perdue pendant un moment, sait ce qu'elle veut. Et ce qu'elle ne veut pas. Caractère bien trempé et répartie facile. Elle pose un regard amusé et jamais cynique sur le monde qui l'entoure et sur son ventre qui grossit et qui devient lourd à porter, autant en raison du regard des autres que de l'aspect purement physique. Elle dégage une énergie communicative, elle est attachante, et l'on rêverait d'avoir dans son entourage un tel personnage.
Film juste, humaniste, sincère, jamais cynique, jamais caricatural, Juno donne une patate d'enfer. En sortant de la salle un sourire un peu idiot accroché aux lèvres, il peut faire gris, le monde peut être sale et moche, vous le verrez autrement, et vous aurez les répliques ainsi que la B.O qui vous troteront dans la tête pendant un moment. En espérant que ce moment dure le plus longtemps possible.
Bonus, trois titres de la B.O
mardi 5 février 2008
Corps
S'il ne devait y avoir qu'un seul épisode de Buffy The Vampire Slayer à retenir pour expliquer en quoi cette série est une grande oeuvre télévisuelle ce serait The Body (Orphelines en VF). Il y a beaucoup d'autres épisodes de qualité, mais celui-ci, et ce, à chaque fois que je le vois, me bouleverse.
Cet épisode, qui est à part, tout comme Hush ou Once More With Feeling, traite de la mort comme je l'ai rarement vu faire dans une fiction. Sans la moindre musique en dehors de celle du générique, chaque acte se déroulant pratiquement en temps réel, l'épisode ne traite pas à proprement parler du deuil, mais bel et bien de la mort, et de comment une personne une fois morte n'est plus qu'un corps.
Chaque acte, à part le premier, s'ouvre d'ailleurs sur le corps de Joyce Summer, quand on « l'emballe » dans le sac mortuaire, quand on la déshabille avant l'autopsie, et après que le médecin légiste a effectué celle-ci. Ce corps autour duquel tout tourne, au centre de cet épisode, n'est jamais montré de façon déplacée, voyeuriste, mais toujours avec pudeur, respect, distance. Il ne s'agit pas de faire un épisode morbide, mais bien de replacer le corps sans vie, vide, au centre de la mort.
Le personnage de Dawn, la plus jeune fille, cherche à le voir pour prendre conscience de cette mort. Anya, s'interroge sur le pourquoi, mais surtout le comment de la mort, et du fait que celle qui fut Joyce se résume désormais à un simple amas de chair et d'os.
Le corps, dont les côtes craquent quand Buffy lui fait un massage cardiaque, est aussi celui de ceux qui restent. Willow passe des heures à chercher comment habiller le sien, Xander frappe, et transperce un mur, d'un coup de poing, pour évacuer la souffrance, et la sentir dans son corps, Dawn s'effondre quand elle apprend la nouvelle, tout comme Buffy vomit une fois que les ambulanciers lui ai dit ce qu'elle savait déjà.
Le corps est enfin, parce que nous sommes dans Buffy, celui d'un vampire qui s'éveille dans la salle de la morgue. C'est un corps nu, marqué par les lividités, jamais auparavant montré de la sorte. Il est cru, brut, sans artifice. Tout comme le combat entre Buffy et ledit vampire. Nous ne sommes pas devant une chorégraphie de la violence, mais devant sa forme brute, sèche, rugueuse. Buffy peine à éliminer son adversaire, et ne fait disparaitre le vampire qu'en lui tranchant la tête avec une scie chirurgicale, dans un acte de violence inhabituel.
Épisode d'une grande justesse, The Body, prouve, s'il en était encore besoin, que la fiction télé n'est pas qu'un simple passe temps pour décérébré, mais dans ces plus beaux exemple, comme par exemple Buffy, un vrai terrain d'expression artistique, dont Buffy, dans son ensemble, et pas que dans l'épisode décrit ici.
lundi 4 février 2008
Et le César... #3: Il faut un début à tout
Troisième épisode de ma série: les césar c'est rigolo, penchons-nous sur le césar qui encourage, l'un des seuls césar que l'on ne peut gagner qu'une fois, le césar du meilleur premier film.
Selon la formule consacrée, les nominés pour le césar du MEILLEUR PREMIER FILM sont
Ceux qui restent réalisé par Anne le Ny
Et toi t'es sur qui ? réalisé par Lola Doillon
Naissance des pieuvres réalisé par Céline Sciamma
Persepolis réalisé par Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud
Tout est pardonné réalisé par Mia Hansen-LoveCompétition très ouverte, où, à part Persepolis, aucun de ces films n'a vraiment trouvé son public lors de sa sortie, mais qui ont de vraies qualités (je ne parle, encore une fois que de ceux que j'ai vus, et donc je ne sais pas ce que vaut, Tout est pardonné). Pour ma part, parce qu'il aborde un thème qui m'est cher, la mort, le deuil, et les survivants, je donnerais volontiers la statuette à Ceux qui restent. Premier film d'une actrice discrète, de celles que l'on connait pour l'avoir vue dans nombres de film, mais dont on est incapable de retenir le nom, ce film est à l'image de sa réalisatrice, simple, délicat, touchant, juste. Il est difficile de rester insensible à ce double portrait, lui visitant sa femme malade avec régularité, dévouement, amour, elle trainant les pieds pour rendre visite à son ami souffrant. Ils se croisent et s'aiment. Avec l'ombre de la mort planant au dessus de leur tête.
Il se pourrait que l'académie décerne pour la première fois de son histoire le trophée à un film d'animation en récompensant Persépolis. Ce serait également une façon de faire oublier le fait que l'académie des Oscar n'a pas retenu le film dans la catégorie meilleur film étranger (il est en compétition pour le meilleur film d'animation)
mercredi 30 janvier 2008
36 15 code Kinenveut ou Les Deschiens c'était bien
Un bon indice que le temps passe, et que vous vieillissez, c'est quand vos références culturelles ne correspondent plus à celle des ados. Et quand vous travaillez au milieu de jeunes ados, vous vous le prenez avec encore plus de force dans la face. Exemple: Les Deschiens. Un jeune de 13, 14 ans ne sait pas qu'il y a quelques années, ils étaient une des références de l'humour Canal. Pour l'édification culturelle de la jeunesse de ce pays, voici quelques exemples de ce qui me faisait pisser de rire il n'y a pas si longtemps, et encore aujourd'hui.
Et le César... #2: Espérance
Deuxième volet de la série consacrée au futur César du cinéma français. Cette fois, penchons-nous sur une catégorie pleine d'optimisme, les espoirs.
Ne soyons pas galant et commençons par le MEILLEUR ESPOIR MASCULIN, les nominés sont :
Nicolas Cazalé dans Le fils de l'épicier
Grégoire Leprince-Ringuet dans Les chansons d'amour
Johan Libéreau dans Les témoins
Jocelyn Quivrin dans 99 F
Laurent Stocker dans Ensemble, c'est tout
Si j'avais le droit de voter, je choisirais Laurent Stocker. Dans l'adaptation (foireuse) du livre d'Anna Gavalda par Claude Berri, il est la meilleure idée. C'est difficile de ne pas être complètement ridicule dans ce rôle difficile et casse-gueule d'aristo coincé et begayeur. Il s'en sort avec les honneurs. Il apporte une humanité à un personnage un brin caricatural. Il est touchant, juste, émouvant, drôle, tendre. Bref parfait.
Comme je n'ai pas (encore) le droit de voter, et que je ne suis pas sûr que les votants me suivront dans mon choix, je dirais que le césar a de grandes chances de tomber entre les mains de Johan Libéreau. Acteur dans un film de Téchiné, film sur l'émergence du SIDA dans les années 80. Il part déjà avec de bons atouts en main. Et puis il est dans le seul film que je n'ai pas vu. Donc, je vais lui offrir le bénéfice du doute.
Passons au MEILLEUR ESPOIR FÉMININ, les nominées sont:
Louise Blachère dans Naissance des pieuvres
Audrey Dana dans Roman de gare
Adèle Haenel dans Naissance des pieuvres
Hafsia Herzi dans La graine et le mulet
Clotilde Hesme dans Les chansons d'amourD'un côté il y a mon gros, très gros coup de coeur, l'actrice qui sans hésitation devrait avoir le trophée, et de l'autre la logique des votants de l'académie.
Je dirais donc, que devrait recevoir le trophée le 22 février prochain Hafsia Herzi, elle à eu des critiques dithyrambiques, elle joue dans le film d'un chouchou de la presse et de l'académie, et en plus, en toute objectivité, dans un film qui m'a laissé froid, elle a une vraie présence, et affiche un véritable talent.
Mais voilà, à la vérité, si ce n'est pas Clothilde Hesme qui gagne je ne serais pas content. Cette année, dans deux films, Les chansons d'amour et Le fils de l'épicier, elle a illuminé l'écran. Drôle et légère dans le film de Christophe Honoré, même dans les moments les plus noirs. Tout aussi aérienne dans le film de ... avec un petit quelque chose en plus, un brin de grâce supplémentaire qui fait toute la différence. Un véritable enchantement. Et mon césar du coeur.
vendredi 25 janvier 2008
Et le César....
La cérémonie annuelle de remise des César du cinéma français aura lieu le 22 février prochain. Pour ceux qui ne peuvent pas dire rien qu'en entendant une date, de quel jour il s'agit, ce sera un vendredi. Grosse nouveauté pour un évènement traditionnellement programmé le samedi. En dehors de ce changement de jour, la cérémonie sera, à n'en pas douter comme les autres années, longue, un peu soporifique, avec des discours convenus, et à la fin, il se trouvera toujours quelqu'un pour critiquer les choix des récipiendaires. Je ferais partie de cette bande de mauvais coucheurs qui ne sont jamais contents.
En attendant de revoir Antoine de Caunes tenter de dérider un des publics les plus difficiles de monde, je vais m'amuser pendant les prochaines semaines à faire mes pronostics et à donner mes favoris dans les catégories principales.
Je me pencherais donc sur les meilleurs acteurs et actrices dans un premier ou un second rôle, les meilleurs espoirs masculin et féminin, le meilleur premier film, le meilleur réalisateur et bien sûr le meilleur film. C'est du boulot. Et pour commencer, voyons donc voir le meilleur film étranger.
Les 5 nominés pour le MEILLEUR FILM ÉTRANGER sont:
4 mois, 3 semaines et 2 jours réalisé par Christian Mungiu
De l'autre côté réalisé par Fatih Akin
La nuit nous appartient réalisé par James Gray
Les promesses de l'ombre réalisé par David Cronenberg
La vie des autres réalisé par Florian Henckel von DonnersmarckBon, premier problème, je n'ai pas vu tous les films en lice. Donc pour donner mon favori, cela va se jouer entre La nuit nous appartient, Les promesses de l'ombre, et La vie des autres.
Pour ce qui est de mon pronostic, il me parrait que deux films sont susceptibles de l'emporter, 4 mois, 3 semaines et 2 jours, déjà palme d'or à Cannes, mais qui n'a pas rencontré le public lors de sa sortie en salle à l'automne, ce qui plait bien à une partie des membres de l'académie, et La vie des autres, déjà récompensés de par le monde, gros succès public et critique.
Mais mon favori ne fait pas parti de ces deux favoris. Mon choix se porte plutôt sur Les promesses de l'ombre de Cronenberg. Certes Cronenberg ne nous livre pas son meilleur film, certes il n'arrive pas à s'affranchir des codes du polar, à en faire autre chose, à les tordre, les détourner, les retourner pour nous offrir plus qu'un simple film noir. Il avait pourtant de quoi faire un vrai opéra crépusculaire, une vraie tragédie russe, mais trop timorée il ne va pas au-delà de son sujet. Pour autant, parce que c'est Cronenberg et pas le tâcheron de base, le film est plus que bon, il porte de vrais grands moments, de vraie putain de scène, dont l'époustouflante scène de fight dans le sauna (ceux qui l'on vue comprendrons, les autres iront la voir). Il mériterait donc un petit césar. À défaut d'un vrai, il a le mien.
lundi 21 janvier 2008
Oui, je ne crois pas
Encore Sarko !
Je sais, ça fait beaucoup. Mais le bougre occupe tellement le terrain, et dit tant de connerie, qu'il est difficile de ne pas en relever une de temps en temps.
Le président du pouvoir d'achat s'est donc répandu par deux fois, au Vatican et à Ryad, sur Dieu et la religion. Par deux fois il a ébranlé les bases de la laïcité.
Devant Benoit XVI, le pape du retour au traditionalisme, à la messe en latin et aux doctrines d'avant Vatican II, Sarkozy, en plus de consulter ses SMS après être arrivé 20 minutes en retard, a dit que "dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance". Autant dire que les institutrices sont disqualifiées d'office, leur nature féminine aurait tendance à pervertir les valeurs.
Au-delà de la blague, cette déclaration est injurieuse pour les instituteurs, dont les compétences sont remises en cause, et pour le principe de laïcité, instaurée au XIX° siècle par Jules Ferry, en retirant aux soutanes le monopole de l'instruction afin d'éviter que les jeunes enfants ne soient endoctrinés, et qu'ils puissent choisir librement de croire ou pas. Les valeurs enseignées par les instituteurs laïcs sont celles de l'ouverture d'esprit, du respect des croyances, et de la liberté d'opinion. En quoi ces valeurs seraient moins nobles, moins importantes, et moins bien transmises du fait que les instituteurs non pas fait le choix du sacrifice...
Non content de son discours à Rome, le président Sarkozy en a remis une couche lors de son voyage dans les Émirats. Dans ces pays musulmans, le président à réaffirmer haut et fort son attachement à la religion, et la supériorité du croyant sur le non-croyant.
"Finalement, le Dieu unique des religions du Livre.
Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le cœur de chaque homme.
Dieu qui n’asservit pas l’homme, mais qui le libère.
Dieu qui est le rempart contre l’orgueil démesuré et la folie des hommes.
Dieu qui par-delà toutes les différences ne cesse de délivrer à tous les hommes un message d’humilité et d’amour, un message de paix et de fraternité, un message de tolérance et de respect."
Cette envolée, ce presque prèche, est en contradiction, une nouvelle fois, avec les valeurs de la république laïque qu'est la France. La laïcité, ni positive, ni quoi que ce soit d'autre, le terme ce suffit à lui même, la laïcité donc, ce n'est pas le refus de la religion, la lutte contre la religion, mais la liberté donnée à chacun de choisir. De croire, ou pas. La liberté de vivre ses croyances, quel que soit la religion ou le culte choisi. L'assurance qu'aucune religion ne sera favorisée, ou défavorisée. L'absence de pression de la part des autorités publiques pour qu'un culte soit encouragé.
Le discours de Sarkozy est non seulement une offense aux non-croyants, qui en l'absence de Dieu dans leur coeur ne pourraient pas être libre, de pourraient pas comprendre la fraternité, la tolérance et le respect, il est également une offense aux principes républicains, le président de la République française se faisant porte étendard de la religion (catholique en l'occurrence, même si aucune référence directe n'y est faite).
Jamais De Gaulle, pourtant fervent catholique n'a fait allusion à la religion, Chirac en son temps s'est fait aussi défenseur des principes de laïcité. Ces principes qui sont au coeur de la République. Je ne crois pas. Et j'aimerais continuer à le faire, sans être considéré comme un sous-citoyen, voire un sous-homme.
lundi 14 janvier 2008
Perte de vitesse
Il en va de la politique spectacle comme de n'importe quel spectacle, quand le public n'aime pas, il faut changer de musique. C'est donc ce qu'à fait M. Nicolas Sarkozy, président de tous les français, la semaine dernière, lors d'une conférence de presse en son palais de l'Elysée.
Convié à cette manifestation tout ce que le monde médiatico-journalistique compte de belles plumes et de beaux parleurs. Le ban et l'arrière-ban des journalistes politique, français et étrangers, ce qui représente tout de même plus de 600 personnes. Il y avait de quoi se réjouir de voir ce petit monde réuni dans les salle des fêtes du palais présidentiel pour écouter la parole de notre chef de l'Etat.
Mais voilà, malgrè le SarkoShow élyséen, la côte de popularité du président baisse, baisse, baisse. Pourquoi ? Oui, pourquoi, alors qu'il est partout, qu'il gère tout, qu'il s'étale dans les médias, à côté du Pape, des Emirs, de Tony Blair, et bien sur de Carla ? Comment se fait il que notre très cher Nicolas, trouve de moins en moins grace aux yeux des français ?
Serait-ce parce qu'alors que ses citoyens tirent la langue pour boucler les fins de mois, Nicolas se pavane en Egypte et Jordanie, voyage dans des jets, dort dans des palaces, arbore des montres de luxe, et un top-model accessoirement héritière à son bras ?
Je n'ose penser que les français ne s'en tiendraient qu'ç ces bases considérations économiqes, matérialietes, mercantiles, pour juger celui qui se voulait "le président du pouvoir d'achat". Ce serait bien triste.
Peut-être que cette baisse de popularité n'est que passagère, une sorte de blues d'après les fêtes, quand le ciel est bas et qu'il pleut sur Nantes, et partout ailleurs, quand les sapins morts jonchent les trottoirs des villes...
Espérons que tout ira mieux demain, ou après demain.
mercredi 9 janvier 2008
(re)lectures
Se plonger dans un livre que l'on a déjà lu, c'est un peu comme retourner dans une maison de vacances, un endroit que l'on connaît et dans lequel on se sent bien. On s'y installe confortablement, on est en terrain familier, mais, par moment, on peut être surpris par le coucher de soleil que l'on observe assis sous la véranda, par le crépitement des bûches dans la cheminée, par les vents qui viennent secouer les volets pendant la nuit, par le moelleux du matelas, tout ces petits détails que l'on avait oubliés au fil des mois...
Dans un livre que l'on a lu, même si on connaît l'intrigue, l'histoire, le déroulement, au hasard d'une page, on peut de nouveau être surpris par une phrase que l'on avait oubliée, un chapitre qui parait nouveau, des passages que la mémoire avait omis d'enregistrer.
Depuis quelques semaines je me suis replongé dans deux livres de Martin Winckler, Les Trois Médecins et La Maladie de Sachs. Si ce n'était que la seconde fois que je lisais le premier, c'était la cinquième ou sixième fois que je retournais dans le second. Il porte d'ailleurs les stigmates de ces nombreuses lectures, traces de doigts sur les pages, couverture salie, tranche cassée... Pourtant, alors que je devrais le connaître par coeur, il m'arrive encore d'être étonné de ne pas me souvenir de certains chapitres, de certains passages. C'est aussi pour cette raison, en plus du plaisir que j'ai à chaque fois de le lire, que j'y retourne presqu'une fois par an, parce qu’à chaque fois, au milieu de ces pages familières, il m'arrive de me retrouver dans la position d'un lecteur qui viendrait juste d'ouvrir ce livre pour se plonger pour la première fois dans cette histoire.
samedi 5 janvier 2008
CFC #10
Pour commencer cette année 2008, une nouvelle fois bonne année à tous, quoi de mieux que de rependre un peu de CFC ? Cela faisait longtemps que je n'avais pas pris la peine de pointer du doigt les conneries de notre monde contemporain.
Comme souvent ces derniers temps il ne faut pas chercher bien loin pour trouver de quoi alimenter un billet de ce blog, et il suffit de se tourner vers notre très cher hyperprésident. Sa dernière idée : noter les ministres. Il ne lui suffit plus de les garder dans son ombre, il faut maintenant qu'il leur mette une note. Ou plutôt qu'une agence privée leur mette une note. Sur le principe, le fait que les ministres de la République rendent des comptes n'est pas mauvais, mais dans les faits les ministres n'ont pas de compte à rendre qu'aux citoyens, et donc à leurs représentants élus, les parlementaires. C'est d'ailleurs leur rôle, demander des comptes au gouvernement, à travers les questions au dit gouvernement, et les diverses commissions de l'Assemblée Nationale.
La décision de notre Hyperprésident n'est qu'une nouvelle démonstration de sa toute-puissance, et une insulte faite à l'Assemblée Nationale.
Au-delà de cet affront, il faut aussi se pencher sur les critères de ces évaluations. Le ministre de la Culture sera jugé sur la fréquentation des musées et la part de marché du cinéma français. Comme si le ministre était responsable de la fréquentation des salles de cinéma, et de l'attrait des musées. Le ministre des Affaires étrangères sera noté sur l'assiduité des autres ministres aux conseils des ministres européens. Est-ce que le ministre de la Santé sera noté en fonction du nombre de rhume et de la température anale moyenne des citoyens ? Le ministre de la défense en fonction du nombre de pompes effectué par les soldats ? Et le ministre de l'immigration et de l'identité nationale en fonction du nombre d'expulsions ? Oups, pour ce dernier point c'est le cas...
À bientôt pour des nouvelles du front de la connerie, un front où nul n'est à l'abri, ni vous, ni moi
mardi 1 janvier 2008
dimanche 30 décembre 2007
Bilan #5: Madame
Non, je ne vais pas de nouveau parler de Madâme, le film documentaire de JP Lepers sur Bernadette, c'est d'une vraie dame qu'il va être question, une vraie Dame qui nous annonce qu'elle va se retirer de la vie publique, juste au moment où cette vie publique est de plus en plus occupée par le strass, les paillettes, le bling-bling alors que nous avons besoin de réflexion, d'honnêteté, et de valeurs autres que monétaires. Donc, après avoir publié sa biographie Mme Simone Veil, puisque c'est d'elle qu'il s'agit et elle qui est ma femme de l'année en dépit de son soutien à Nicolas Sarkozy, donc Mme Veil, sans doute fatiguée par la médiocrité de la vie politique française, à décidé de s'en aller prendre une retraite bien méritée. Qui pour la remplacer, qui pour incarner cette morale politique, ce sens de la justice, de l'humanité, du respect de l'autre, et de la politique au service du peuple dans son entier ? Quelqu'un a une réponse ?
Difficile de trouver une transition avec la suite de ce billet. Alors, plongeons sans détour dans l'ultime catégorie de ce palmarès. Mon homme de l'année est... le geek. Depuis l'invention du geek, il n'aura jamais été autant mis en avant. Dans les séries de la rentrée (Chuck, The Big Bang Theory) il n'est plus un simple faire-valoir, mais le personnage central, voire le héros. Dernièrement un doc a été consacré à cette espèce, cette tribu, cette caste. Le geek sous presque toutes ses formes est en train de prendre de plus en plus de place, pour le meilleur et pour le pire.
samedi 29 décembre 2007
Bilan #4: D'oh !
Pas besoin d'en dire plus pour que vous compreniez que je vais parler de Les Simpsons, et même que je vais faire de Les Simpsons, le film, mon film de l'année. Oh, j'entends déjà les tenant du cinéma d'auteur, de la qualité française, de l'Art, se plaindre de mon choix. Les Simpsons, le film, film de l'année, quelle honte. Un dessin animé, qui plus est adapté d'une série télé, film de l'année, de qui se moque-t-on. Je comprends qu'après avoir parlé en ces pages de films comme Les chansons d'amour, Le scaphandre et le papillon, Hot Fuzz et je ne sais plus quoi, faire de Homer et se famille les récipiendaires du titre de film de l'année peut surprendre. Mais cette année c'est devant ce film que j'ai le plus ri, c'est la chanson de ce film (Spider-pig) qui m'est resté le plus longtemps dans la tête, et c'est le DVD de ce film que j'attends le plus. Alors oui, c'est un dessin animé, oui c'est une grosse comédie, oui c'est une adaptation de série, mais je fais ce que je veux, et en plus ce n'est que mon avis.
Je pourrais me faire pardonner en choisissant un film en DVD plus "culturel", un film plus "intellectuel", un film plus classe. Oui je pourrais, mais je ne vais pas le faire. Ceux qui viennent régulièrement, merci à eux, savent à quel point j'aime les films avec Will Ferrell, ceux réalisés par Judd Apathow, et de façon générale les nouvelles comédies américaines. Il me parrait donc logique d'attribuer le titre de film à moi de l'année à Super Bad et Knocked Up deux comédies qui n'ont pas eu droit aux honneurs des écrans de cinéma français et me sont parvenus par DVD directement des USA. C'est bien triste de devoir aller chercher outre-Atlantique des DVD, à la nage en plus. Mais l'effort vaut le coup. Deux comédies non seulement très drôles, c'est un minimum que certaines comédies françaises ne remplissent pas, mais en plus pertinentes, grossières sans être vulgaires, et qui disent des choses sur la société, que demander de plus...
vendredi 28 décembre 2007
Bilan #3: Les hiboux ne sont pas ce que l'on pense
Troisième partie de ce bilan consacré aux séries télés.
Pour commencer ma série de l'année. Le choix fut difficile cette saison, tant le nombre de séries de qualités à m'être passé sous les yeux fut important. Que ce soit Dexter, Deadwood, Friday Night Lights, Doctor Who... mais si je ne devais en garder qu'une ce serait Rome.
Déjà la première saison de cette série, qui nous contait l'ascension de Jules César, jusqu'à son assassinat, était passionnante, alors que nous connaissons tous plus ou moins cette Histoire, tout le talent des scénaristes était de mêler le grand et le petit de l'Histoire, de mettre en parallèle le peuple, les anonymes, et les puissants, ceux dont le nom est resté dans les livres. Dans la seconde saison, qui fait suite directe à la mort de César, et va jusqu'au triomphe de Auguste, en passant par les amours de Marc-Antoine et Cléopatre, Rome devient encore plus passionnant. Chaque épisode donne envie de voir la suite, et aucun d'entre eux n'est plus faible que le précédent.
Annulée à la fin de cette saison, la série fait déjà partie des références incontournables du genre.
Tout comme Twin Peaks, qui arrive enfin en DVD, et qui par conséquent à l'honneur d'être ma série en DVD de l'année. Il y a bien longtemps, du temps de la LTE je regrettais l'absence de DVD regroupant l'intégrale de cette série. Tout vient à point à qui sait attendre, et en trois coffrets bien remplis, Twin Peaks nous arrive enfin. L'occasion de voir, revoir cette oeuvre originale, envoutante, mystérieuse, et jusqu'à présent, jamais égalée. Les longues soirées d'hiver seront moins monotones.
jeudi 27 décembre 2007
Bilan #2: Per Peur Tcher Tou Tchou Tchié
Et l'homme de l'année est...
Nicolas Sarkozy. Non je déconne. Même si notre très cher, à plus d'un titre, Hyperprésident, à occupé tout l'espace médiatique avant et depuis son élection, il ne mérite pas le moins du monde ce titre, en tout cas pas ici.
D'ailleurs, il n'est pas encore temps de décerner le titre de l'homme de l'année, mais celui de l'émission de télé de l'année.
C'est le petit journal de Canal + qui est l'émission de l'année, ne serait-ce que parce que c'est grâce à lui que j'ai découvert cette vidéo du bafouillage présidentiel face aux pêcheurs. Si cela ne suffisait pas, chaque soir, ses 10 minutes sont un vrai moment de bonheur et d'impertinence pertinente dans un océan de consensus mou. Poil à gratter des politiques, micro et caméra toujours à l'affut, tournant quand les autres se détournent, traquant le petit détail qui sort du plan médiatique huilé, le mot, le geste qui rendent fou les conseillers en com', Yann Barthés et toute son équipe font un travail de salubrité publique.
Mais alors, cette année, il me faut récompenser l'émission de l'année qui n'est plus à l'antenne
Après une longue délibération, des débats houleux, des crêpages de chignons, le titre est attribué à : Arret sur Images.
Comme je l'ai déjà dit par ailleurs, bien que je regardais chaque semaine ce programme, il m'arrivait de ne pas être en accord avec tout ce qui s'y disait , et elle avait tendance à m'énerver (comme c'est toujours le cas avec les chroniques du site internet). Mais justement, à une époque où les programmes télés sont construits, formatés pour ne déplaire à personne, et donc être oublié avant même qu'ils soient terminés, une émission qui provoque des réactions, quand bien même négatives, est précieuse.
Allez juste pour le plaisir....
mercredi 26 décembre 2007
Petite addition
septembre 2006: 5
octobre 2006: 5
novembre 2006: 4
décembre 2006: 1
janvier 2007: 10
février 2007: 5
mars 2007: 4
avril 2007: 5
mai 2007: 8
juin 2007: 7
juillet 2007: 7
aout 2007: 6
septembre 2007: 7
octobre 2007: 12
novembre 2007: 7
décembre 2007: 6
et avec ce message le total est de
mardi 25 décembre 2007
lundi 24 décembre 2007
Mais c'est aussi l'heure des bilans....
Et voilà, nous sommes déjà dans la dernière ligne droite d'une année bien remplie. Riche en évènements de toute sorte. Comme toujours à pareille époque, un petit coup d'oeil, plus ou moins nostalgique, dans le rétroviseur s'impose.
Que retenir de cette année ? Que mettre en avant ? Qui aura l'insigne honneur d'être mon homme de l'année, ma femme de l'année, mon film de l'année...?
Les réponses à toutes ces questions capitales, dès à présent, et pendant toute la semaine.
Donc, pour commencer, mon pays de l'année.
Ce n'est pas bien original si je vous dis que c'est le Groland, déjà plusieurs fois mis à l'honneur en ces lieux, qui reçoit cette année cette récompense. Certes c'est un pays imaginaire, mais c'est celui où, malgré tout, j'aimerais vivre. Malgré la forte proportion de vieux, d'alcooliques, de dégénérés en tout genre. Malgré le fait que le président soit élu à vie par un seul électeur, lui-même. Accueillant et lâche, le Groland est le dernier lieu de résistance contre le politiquement correct, les biens pensants, la médiocrité ambiante, le consensus médiatique. Un seul mot d'ordre en 2007, comme en 2008: Viendez au Groland.
mercredi 19 décembre 2007
Merci Rémi...
... de m'avoir fait découvrir Cat Power.
Comme je suis partageur, pour ceux qui comme moi il y a quelques jours ne connaissent pas cette chanteuse, une petite vidéo.
jeudi 13 décembre 2007
Greatest you can find
J'aime beaucoup Keren Ann. Elle fait partie des artistes que je peux écouter en boucle sans jamais m'en lasser, surtout quand elle chante en anglais. Et en plus dans cette vidéo elle est toute mimi.
mercredi 5 décembre 2007
Oui maman
Vous vous souvenez quand votre maman vous disait de ne pas mettre vos doigts dans votre nez, de mettre votre main devant la bouche quand vous tousse, de dire bonjour à la dame, bref quand elle jouait son rôle de mère. Et bien aujourd'hui votre maman n'aurait plus de travail puisque l'État se charge de la remplacer. Depuis déjà quelque temps, les publicités pour les produits alimentaires sont obligé d'indiquer qu'il faut faire attention à ce que l'on mange, et maintenant la télé nous dit qu'il faut se laver les mains, mettre la main devant sa bouche quand on tousse....
Même si c'est vrai, et que c'est un excellent moyen de ralentir la propagation des maladies, a-t-on besoin, qu'encore une fois, on nous prenne par la main, et que l'on nous dise ce qu'il faut faire, ne pas faire, comment le faire, où le faire. Assez de cette infantilisation de la société, assez de cette façon de nous regarder de haut, et de nous prendre pour au mieux des enfants, au pire des idiots irresponsables.
Cher passant
C’est l’histoire d’une photo. Volée sur le blog de François Simon, critique gastronomique. Volée d’abord, bien sûr, à cause des jambes de cette femme, cachée sous la table. Jambes interminables, splendides qui attirent l’oeil magnétisent le regard. Elles sont à elles seules un hommage à la plus belle réplique de François Truffaut (tiens un autre François) « Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tout sens, lui donnant son équilibre et son harmonie. » Et l’on pourrait se contenter de cette vision. Rester accroché à cette perfection. Mais, le regard glisse, peut-il faire autrement, le long de ces jambes. Il tombe sur ce livre tenu à l’envers. Difficile de lire le titre. Il traite des bistrots visiblement. Puis il y a l’assiette, la cocotte, les petites carottes, les pommes de terre, et..., et puis quoi encore. Je ne sais pas, je ne reconnais pas. Quoi qu’il en soit, ça donne envie. Envie de partager le repas avec cette paire de jambes, et leur propriétaire, qui se refuse à notre regard.
Et puis, au second plan, il y a cet homme qui passe, un casque de moto sur la tête. Son regard lui aussi a été attiré par ses deux pieds qui dépassent, incongrus au dessus de la banquette. Il a dû voir le photographe, juste au moment où il prenait le cliché. Le passant est devenu un acteur involontaire de cette photo. Celui qui me la rend encore plus attachante. Parce que lui a dû voir la jeune femme, une fois le cliché pris, lorsqu’elle est remontée, qu’elle s’est remise à l’endroit. Lui, par le plus grand des hasards, parce qu’il passait là, entre deux courses, avant ou après son boulot, a vu ce que nous ne verrons pas. Lui, simple figurant, rend cette photo encore plus belle.